À Bastogne, une douzaine de bénéficiaires de l’ASBL Andage ont récemment relevé un défi de crossfit adapté. Seize minutes d’exercices sans relâche, dans une discipline exigeante, mais pensée ici pour rester accessible. Derrière l’effort, il y a surtout l'idée de faire du sport, du vrai, et de progresser à son niveau

Depuis environ un an, plusieurs bénéficiaires de l'ASBL Andage participent chaque jeudi à une séance de crossfit donné à Bastogne. Et ce jeudi-là, ils avaient seize minutes pour enchaîner une série d’exercices sans relâche. Des exercices bien évidement adaptés : pompes au sol, charges à soulever, gestes à répéter, le tout dans un rythme soutenu. Sur le papier, le défi paraît simple, mais il ne l'est pas. Les participants, des personnes ayant un handicap mental léger ou modéré, les ont fait "à fond". Au final, beaucoup de transpiration et une grosse satisfaction.

Marc, par exemple, résume bien ce que représente ce rendez-vous hebdomadaire. « C’est éprouvant. Mais le crossfit, ça fait du bien. Au fil des séances, j’ose davantage porter des charges, je me dépasse plus »

Dans la salle, on souffle, on pousse, on recommence à chaque exercice. Mais personne n’est là pour faire semblant. Cyrille, le gérant de la salle, veille au grain. 

« On essaie au maximum de respecter le mouvement, en adaptant les charges. Mais ce ne sont pas des charges faciles. Elles sont adaptées pour qu’il y ait malgré tout une recherche de dépassement de soi », explique-t-il

Si l'ASBL Andage a choisi cette discipline, ce n’est pas un hasard

« Pourquoi le crossfit? On l’a choisi parce qu’il est très adaptable. Ici, chacun peut faire quelque chose à son niveau », souligne Aline. Derrière les charges à porter et les gestes à répéter, il y a aussi un sport complet, où l’on travaille la coordination, l’endurance, l’application, mais aussi la confiance.

Au fil des mois, ce rendez-vous est devenu bien plus qu’une simple activité physique. Les participants sentent qu’ils font vraiment du sport.

Une bénéficiaire le dit à sa manière : « J’ai beaucoup respiré… mais ça me plaît » 

Au bout des seize minutes, chacun est reparti avec des courbatures, une médaille et un diplôme symbolique, avec surtout la satisfaction d’être allé jusqu’au bout, en attendant la prochaine séance.