Ce lundi 20 avril, le projet immobilier « Les Lisières » a été présenté par Thomas et Piron aux riverains du quartier de Schoppach à Arlon. Si la première phase compte 139 logements, l'ensemble du périmètre de 16 ha pourrait accueillir jusqu'à 598 logements.
«Aujourd'hui, ce sont les funérailles de mon quartier », la phrase d'un habitant de la rue Halbardier résume assez bien le sentiment des habitants de ce quartier d'Arlon, en prise directe avec le méga projet immobilier de Thomas et Piron. Le master plan a été présenté ce mardi 20 avril à l'hôtel Van der Valk devant plus d'une centaine de personnes.
Débutée en 2017, la première phase n'a pas laissé de bons souvenirs chez ces riverains qui avaient crié leur désarroi face à une commune peu attentive à leurs revendications. Aujourd'hui, les premiers blocs d'immeubles sont installés dans cette ancienne carrière de sable, le long de l'avenue du bois d'Arlon, mais le projet est loin d'être clôturé. Prié de revoir sa copie après un recours de la Ville d'Arlon devant le Conseil d’État , Thomas et Piron présente aujourd'hui un plan global sur un périmètre de 15,95 ha compris entre la rue Halbardier et un bois situé le long de l'autoroute.
Une étude sur 600 logements d'ici 2050
Le porteur de projet l'a dit et répété lors de la réunion d'information préalable, ce plan présente le maximum de logements que le site pourrait accueillir d'ici 25 ans. Néanmoins, le plan masse est éloquent et affiche l'ambition de créer un nouveau quartier pouvant atteindre un maximum de 598 logements, soit une densité de 37,5 logements à l'ha. Si aujourd'hui la demande de permis porte sur la première phase dite "Talweg", l'étude englobe l'ensemble des quatre phases prévues d'ici 2050.

Des logements déclinés sous forme de blocs de maisons mitoyennes côté rue Halbardier et d'immeubles à appartements pouvant aller jusqu'à 4 étages. L'ensemble est structuré autour des contraintes naturelles du site : un ruisseau en Y, la falaise de l'ancienne carrière, un bois et un bosquet. Dans leur présentation, les architectes ont mis l'accent sur les couloirs de biodiversité qui traverseront le site (d'où le terme Lisières) et les axes de mobilité douce (parkings décentrés, pistes cyclo-piétonnes et chemins).

Mobilité et tranquillité : les craintes des riverains
Parmi les craintes les plus souvent évoquées hier par les riverains, la mobilité figure en bonne place.
« Déjà maintenant, la rue Halbardier, c'est presque une voie en sens unique ! », « ça ne roule pas rue Halbardier, les voitures à Arlon, il y a un stuut », « avec 600 logements, il faudra 1200 places de parkings ! ». Les interventions lors de la réunion d'information préalable révèlent toute la même inquiétude : un cauchemar pour la mobilité pour les habitants de l'Avenue du bois d'Arlon et la rue Halbardier.
La solution, déterminante pour le développement de ce projet immobilier, est connue : créer un nouvelle route entre l'Avenue du bois d'Arlon et la rue de Toernich et ainsi éviter le passage via la rue Halbardier. « dans le cadre de son Schéma de Développement Communal (SDC), la Ville d’Arlon affiche l’ambition de connecter les rues de Lorraine (où est située Idelux) et de Gaume (vers Sesselich) au moyen d’une voirie structurante » explique l'entreprise Thomas et Piron.
Une opportunité sur laquelle devra se positionner la Ville après l'étude d'incidences menée actuellement dans le cadre du projet « Les Lisières ». Hier soir, plusieurs riverains se sont demandés s'il ne serait pas judicieux de commencer par là, avant de débuter le développement de la première phase de 139 logements.
Des riverains qui ont également fait part de leurs inquiétudes concernant la tranquillité. L'intimité de leurs propriétés sera-t-elle préservée ? Les immeubles auront-ils une vue plongeante sur leurs jardins ? Le nouveau quartier ne va-t-il pas susciter de l'insécurité ? Toutes des questions auxquelles le porteur de projet a apporté des réponses, sans nécessairement convaincre.
Thomas et Piron a notamment expliqué que les hauteurs des immeubles iront en croissant en s'éloignant de la rue Halbardier, et en profitant de la déclivité naturelle du terrain pour limiter l'impact visuel. Les futures maisons, elles, seront situées à 35 mètres des habitations existantes et bordées d'une lisière de végétation. Une distance que beaucoup jugeaient encore insuffisante hier soir.
Les remarques sont attendues avant le 6 mai
Reste à présent à l'étude d'incidences à évaluer toutes les nuisances possibles, y compris sur la faune et la flore. L'écoulement des eaux a également fait l'objet de nombreuses questions dans un quartier qui a déjà connu des inondations.
Pour enrichir cette étude d'incidences, toutes les remarques des riverains sont attendues pour le 6 mai 2026 aux adresses suivantes, en précisant son nom, son adresse et le projet concerné :
- Au collège communal d'Arlon.
Hôtel de Ville Rue Paul Reuter 8 6700 Arlon
administration@arlon.be
- Au porteur de projet
Thomas & Piron Bâtiment Rue Fort d'Andoy, 5 5100 Wierde
s.vandenhende@thomas-piron.eu
Plus de réactions à venir dans notre reportage tourné lors de la réunion d'information préalable.
