Alors que la Défense annonce le renforcement de ses effectifs sur Marche-en-Famenne, Saint-Hubert et Jéhonville (Bertrix), le MR provincial s’inquiète du report des travaux sur Marche-en-Famenne et Bertrix, et en appelle le CA à chercher d’autres pistes de financement. 

Alors que le conseil d’administration de Vivalia se penche ce mardi soir sur le calendrier du lancement des travaux de terrassement à Houdemont (CHR Centre-Sud) dont la date se rapproche, le MR provincial remet sur la table le choix de reporter les travaux d’investissement sur l’hôpital de Marche-en-Famenne et au CUP La Clairière à Bertrix. 

Par la voix du chef de groupe Michel Jacquet et du député provincial Dominique Gillard, les libéraux luxembourgeois tirent la sonnette d’alarme : selon eux, le moment est mal choisi pour freiner les investissements en soins de santé. En toile de fond, la décision du gouvernement fédéral de renforcer significativement la présence militaire en province de Luxembourg (*).

Une pression accrue attendue

Les chiffres avancés sont clairs : les effectifs militaires casernés sur la province pourraient doubler, passant de 2 000 à 4 000 hommes d’ici 2040. Une évolution qui, selon les élus, entraînera mécaniquement une hausse des besoins en soins de santé et une pression supplémentaire sur les hôpitaux de la province.

« Augmenter la population tout en laissant planer des incertitudes sur l’avenir des soins de santé n’est pas logique ». Dominique Gillard et Michel Jacquet.

Leur position a été formalisée dans un communiqué envoyé à la presse. Mais également, avons-nous eu confirmation, au Premier ministre, au Ministre de la Défense et aux ministres (des différents niveaux de pouvoir) compétents en matière de santé. Un texte diffusé en deux temps, la première version ayant omis la situation du CUP de Bertrix.

Le plan Vivalia en question

Au cœur des inquiétudes : le plan Vivalia 2030. Adopté par le conseil d’administration, il repose sur quatre projets structurants : le CHR, Marche-en-Famenne, les polycliniques et le CUP de Bertrix.

Pour les libéraux, toucher à cet équilibre en dissociant les investissements constituerait « une erreur de développement ». Nous ne sommes pas encore face à un affaiblissement acté, mais le risque est bien réel de voir le maillage de soins détricoté, ce qu’il convient d’anticiper et d'éviter, préviennent-ils.

Or, dans les faits, certains projets avancent plus vite que d’autres. Si le financement de l’hôpital d’Houdemont et des polycliniques progresse, les dossiers de Marche-en-Famenne et du CUP de Bertrix seraient reportés de deux ans. Un décalage qui alimente les incertitudes quant à l’organisation future des soins sur le territoire.

Aujourd’hui hôpital de référence pour une large partie de la province, l’Hôpital de Marche-en-Famenne pourrait perdre son rôle de premier plan en étant réduit à une structure secondaire ce qui pourrait menacer l’accessibilité des soins. 

Une piste pour débloquer les projets?

Autre élément nouveau s’ajoutera à l’ordre du jour: la décision du collège provincial de confier au Service technique provincial (STP) le suivi des chantiers des polycliniques.

« L’objectif est clair : soulager les équipes de Vivalia. Cette approche pourrait également servir d’argument auprès des banques, alors que le groupe hospitalier cherche toujours à finaliser le montage financier » explique Dominique Gillard.

(*Le site de l’aérodrome Saint-Hubert doit être développé, tandis que des investissements sont également annoncés à Jehonville (Bertrix).