Ce mercredi 4 novembre, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays pour s'opposer à la loi sur les visites domiciliaires. Une dernière tentative d'infléchir le vote des députés fédéraux alors que le projet de loi est à l'ordre du jour de la Chambre ce jeudi.

"Nous vous demandons de renoncer à ce dispositif, il est encore temps de faire ce choix". Ce message, exprimé à Arlon par Géraldine Frognet au nom des Territoires de la mémoire, s'adresse directement aux députés fédéraux qui seront amenés à s'exprimer ce jeudi sur le projet de loi sur les visites domiciliaires. Une loi qui autoriserait la police, sous certaines conditions, à pénétrer dans un domicile privé pour y arrêter un étranger en séjour illégal.

Le projet est contesté par de nombreuses associations de défense des droits humains. Ce mercredi soir à Arlon, parmi la septantaine de manifestants, on retrouve des militants de la CSC, de la Coluxam ou encore d'Amnesty international. 

"On est là pour montrer que nous sommes contre cette loi scélérate. Scélérate parce qu'au départ c'était une idée de l'extrême-droite, du Vlaams Belang, elle a un peu été modifiée mais elle a toujours un manque de garanties flagrant. On espère que ça va faire bouger les choses et que certains partis prendront leur responsabilités" explique Raymond Debontridder, responsable du groupe Arlon-Virton d'Amnesty international. 

"La solidarité n'est pas un délit et le respect des droits fondamentaux n'est pas négociable"

La crainte des "rafles"

Durant les interventions, les intervenants s'inquiètent de l'usage qui pourrait être fait de cette loi, prévue pour interpeller au domicile des personnes dangereuses pour la société. "Mais la notion de danger, n'est pas du tout définie, une personne lambda qui n'a pas ses papiers, est potentiellement dangereuse" craint cette habitante de Toernich. Avec son mari, elle a adopté une jeune femme congolaise mais sans obtenir pour autant la nationalité Belge. Aujourd'hui, avec le projet de loi sur les visites domiciliaires, elle s'inquiète pour sa fille : "Je sais que ça pourrait lui arriver. On connaît son adresse, elle vit chez nous, mais on lui refuse un titre de séjour" explique Nicole Martin.

En province de Luxembourg d'autres manifestations similaires ont eu lieu à Bastogne, Aubange, Florenville, La Roche-en-Ardenne, Marche, Hotton, Vielsalm, Durbuy, Paliseul et Libin.

Les images de ces rassemblements et tous ceux organisés dans le pays par le collectif No ICE in Belgium ont été retransmises sur un écran géant à Bruxelles, devant le palais de justice de la place Poelaert.