Quatre anciens salariés et toujours créanciers de Weyrich SA s'opposent au plan de réorganisation judiciaire déposé par le conseil de l'entreprise. Car un autre jugement leur donne droit aux intérêts de retard, ce que le plan exclut. Pour l'avocat de Weyrich SA, ils arrivent hors délais. 

Audience émotionnellement chargée devant le tribunal de l'entreprise de Liège, section Neufchâteau, ce vendredi matin. Quatre anciens collaborateurs des la maison d'édition Weyrich sont venus demander au tribunal de commerce de reconnaitre un jugement rendu hors de cette procédure. Ce jugement leur octroyait des intérêts de retard sur des arriérés de salaires, ils demandent au tribunal de l'entreprise de forcer le plan de réorganisation judiciaire proposé par le conseil de la société Weyrich SA à reconnaître ces droits.

Celui qui se présente comme "le dernier employé de Weyrich SA", a ensuite expliqué à la barre :

"Nous étions encore deux chez Weyrich, je viens d'apprendre que mon collègue est parti. Il n'y a donc plus personne chez Weyrich car moi, je suis en arrêt maladie depuis le début de ce mois, j'ai tout donné, je n'en peux plus." 

Théoriquement, le tribunal aurait dû comptabiliser ce vendredi les votes électroniques validés par certains créanciers, recevoir éventuellement d'autres votes à l'audience et les globaliser dans le cadre de la Protection en Réorganisation Judiciaire (PRJ) octroyée en mars dernier à la SA Weyrich et prolongée de quatre mois en juin.

La faillite du portail des faillites...

C'était sans compter sur les déficiences de REGSOL, le portail des faillites du Service Public Fédéral de la Justice, au moyen duquel les créanciers de Weyrich SA étaient appelés à voter électroniquement, s'ils le souhaitaient. Un bug inexpliqué a empêché tout vote dans ce dossier. L'avocat de Weyrich SA, Me Christophe Hoogstoel, dit avoir reçu de nombreuses plaintes à ce sujet. 

Il demande donc au tribunal une prolongation pour un  mois de la Procédure en Réorganisation Judiciaire afin de permettre à tous les créanciers de se prononcer.

Un soutien des auteurs... qualifiés de "nombrilistes" !

Un auteur est ensuite venu à la barre pour dire tout le biens qu'une cinquantaine d'auteurs pensent de Weyrich, lisant un extrait d'une carte blanche publiée sur le blog de l'éditeur aujourd'hui bastognard.

Un employé a alors immédiatement réagi qualifiant de peu importantes les dettes des auteurs signataires de la carte blanche :

"Nous, on joue nos maisons, et entendre ça de la part des auteurs est un point de vue nombriliste."

Un autre ex-employé a aussi rappelé :

"Nous avons payé des impôts sur des salaires qui ne nous ont toujours pas été intégralement versés deux ans après"

Renvoi au 9 octobre

Sur une petite dizaine d'avocats à la cause, seule une était porteuse de votes positifs quant au plan de réorganisation judiciaire, Me Lequeux représentait 36 créanciers favorables. Dont des entités liées dans la Holding constituée en 2025 autour de Weyrich SA, comme Schmitz & Gofflot, l'imprimerie reprise par Olivier Weyrich à Luzery (Bastogne) en mars 2024 et qui se retrouve aujourd'hui parmi les importants créanciers de Weyrich SA. Tous les autres avocats s'y opposant au nom de leurs clients, notamment l'ONSS, le SPF Finances ou Luxembourg Développement.

Tant pour décider s'il fait droit à la requête des quatre anciens employés qu'à celle de la prolongation demandée par l'avocat de Weyrich SA, le tribunal a annoncé son prononcé pour le 9 octobre. On sera alors à une semaine de l'échéance actuelle de la PRJ. Mais ne pas donner droit au vote des créanciers, même si le Parquet s'oppose à toute prorogation, pourrait ouvrir à Weyrich SA une porte d'appel face à toute décision qui lui serait contraire.