Ce mardi 24 février, une émeute a éclaté dans une des ailes de la prison de Marche. L'incident qui implique une quarantaine de détenus intervient dans un contexte de surpopulation carcérale.

Ce sont nos confrères de la Dernière Heure qui ont publié l'information, confirmée par la porte-parole des prison, Valérie Callebaut:

"Il y a une émeute en cours impliquant une quarantaine de détenu. Certains ont bouté le feu a du papier dans l'une des ailes de la prison. La police est informé".

À ce stade, la porte-parole n'a pas plus d'éléments à nous donner. De son côté, le bourgmestre de Marche, Nicolas Grégoire (Les Engagés) a eu un contact avec la police. "Cela semble moins grave que ce qui a été annoncé. La police est sur place" nous explique-t-il.  

D'après de nouvelles informations, les détenus concernés seraient des détenus de la section F1, des détenus en attente de jugement, en manque d'activité. Ils ont droit à une heure de préau en moins, ils sont confrontés à des complications administratives et ont un accès restreint à la cuisine, comme nous l'explique Dominique Schurgens, Délégué CGSP à la prison de Marche :

"C'est tout bêtement du fait d'une réorganisation qui nous a été demandée par la DGEPI. Nous avons dû adopter, la direction et les syndicats, une nouvelle méthode de travail dans l'aile où ont lieu actuellement les incidents. Une décision a été prise de compartimenter les accès à la cuisine.

Ils ont une cuisinette dans l'aile qui leur permet de préparer quotidiennement de petits repas toute l'année. Mais du fait du nombre de détenus présents dans cette aile, pour que tout le monde puisse avoir accès à cette cuisinette, on a dû limiter le nombre de jours par semaine et par détenus. Ça n'a pas été un choix qui a été fait comme ça gratuitement, ni par la direction, ni par les syndicats.

 À un moment donné, nous sommes là pour veiller à la sécurité, et c'est ce qui a été fait. Et ça ne plaît pas, tout simplement".

La réserve fédérale de la police est attendue sur place pour rétablir l'ordre dans l'aile concernée par les incidents.  

Un contexte de surpopulation

Bien que les circonstances de l'incident ne sont pas encore connues, difficile de ne pas faire le lien avec la situation de surpopulation que connaissent les prisons du pays. Le bourgmestre de Marche-en-Famenne nous rappelle avoir déjà pris un arrêté en 2025 pour demander le respect des normes d'accueil de la prison. "J'ai interpellé plusieurs fois la ministre mais sans succès. On peut pas tolérer cela continuellement, c'est préoccupant". 

En décembre 20025, les bâtonniers du pays avaient dénoncé les conditions de détention, y compris à Marche-en-Famenne, l'un des prisons les plus modernes du pays. “La prison de Marche-en-Famenne compte actuellement 390 détenus, pour une capacité initiale maximale de 312 personnes qui a été augmentée à 350 de manière assumée”, nous avait alors confie Céline Deville, avocate et représentante du bâtonnier du Barreau du Luxembourg.