Le pellet va-t-il flamber ? Depuis mi-2025, le prix du combustible ne cesse d'augmenter. L'une des principales raisons, selon les acteurs de la filière bois, est la diminution des volumes connue en Allemagne. Quelles conséquences pour les producteurs de pellets dont l'entreprise Erda, à Bertrix ?
L'entreprise Erda, qui fait partie intégrante du groupe Fruytier, produit 190.000 tonnes de pellets par an. Un combustible créé à partir de sous-produits issus de la découpe de planches.
Mais aujourd'hui, l'approvisionnement en bois, qui se situe dans un rayon de 200 kilomètres, est plus restreint.
"Les chiffres qu'on a entendus, c'est une diminution de jusqu'à 50% des matières premières".
"On constate en fait que le marché allemand vient s'approvisionner en Belgique, en France et dans les pays limitrophes, ce qui crée des tensions sur nos marchés à nous et une diminution des volumes disponibles", explique Nicolas Perin, directeur général d'Erda. "Nous, on est plus impacté par l'Allemagne de l'ouest. Les chiffres qu'on a entendus, c'est une diminution de jusqu'à 50% des matières premières. C'est quand même une diminution qui est considérable".
Le dépérissement programmé des résineux
Cette diminution ne se limite pas seulement à l'Allemagne, ajoute Filière Bois Wallonie. La baisse des volumes en bois résineux étant plus générale.
Les principales causes citées sont les scolytes, le réchauffement climatique et la diversification forestière bien nécessaire.
Le prix du m3 d'épicéa augmentant de 10% chaque année, les entreprises s'adaptent, mais doivent en même temps rentabiliser leurs investissements. Chez Erda, une nouvelle unité de co-génération a été mise en service il y a deux ans.
"Il faut savoir que des unités comme la nôtre, c'est des unités où il y a un investissement de départ qui est énorme", poursuit Nicolas Perin. "Cet investissement de départ, il est basé sur des volumes. Sachant que là, actuellement, c'est plus compliqué d'avoir du bois à disposition, évidemment les volumes tendent à être un petit peu restreints. Donc ça, ça pourrait avoir un impact sur le prix parce que les investissements, malheureusement, doivent être payés".
"Pas de hausse significative"
Selon l'asbl Valbiom, le prix moyen d'un sac de 15kg de pellets s'élevait à 5 euros 99 en janvier dernier pour 5 euros 43 en juin 2025.
Une hausse qui n'est pas significative, explique Filière Bois Wallonie. Ce prix étant plutôt stable depuis la fin de la crise de l'énergie.
Chez Erda, le pellet se décline sous quatre marques et est destiné à des fournisseurs belges, français et allemands. L'objectif dans les années à venir sera de garantir une quantité suffisante.
"On est obligé de garantir un stock minimum et on a l'équivalent d'un mois de production. Notre volonté, ce n'est pas d'avoir un stock qui va vieillir donc on garantit un stock qui va rester dans la consommation hebdomadaire moyenne", conclut le directeur général d'Erda.
L'entreprise bertrigeoise estime à ce stade qu'il n'y a pas péril en la demeure. La volonté n'est pas d'élargir l'approvisionnement en bois au-delà des 200 kilomètres, mais d'espérer un retour à la stabilité à la fin de l'année malgré le dépérissement des épicéas.