Depuis février dernier, 14 moutons ont été tués à la Bergerie de la Grande Fange à Vielsalm.  Les résultats des analyses ADN ont confirmé que les attaques sont bien imputables au loup.  Ce lundi matin, nous sommes retournés à la rencontre de l'éleveur.

Depuis 15 jours, Blue et Bandit ont rejoint la Bergerie.  Redoutant de nouvelles attaques de loup, Stijn Vandyck a fait l'acquisition de 2 chiots de la race patous.   Ils sont arrivés il y a 15 jours à la bergerie de la Grande Fange à Vielsalm.  "J'ai été les chercher en France, où il y a encore de bonnes lignées de travail."  D'ici 7 à 8 mois, ces chiens devraient être prêts à protéger les troupeaux dans les prairies.  "En attendant, les chiens sont dans la bergerie avec les brebis, pour qu'il s'attachent à elles.  Et en même temps, je peux les surveiller et les corriger s'ils font une bêtise."

Stijn fait pâturer ses moutons dans des prairies vastes, en lisière de forêt, qui sont difficiles à électrifier.  Il possède déjà 2 patous adultes, qui protègent les troupeaux à tour de rôle.  Blue et Bandit viendront en renfort dès qu'ils seront prêts. 

"Dans les prairies où les chiens sont là, je n'ai pas d'attaque", assure l'éleveur.

14 moutons tués lors de 2 attaques

Stijn a subi 2 attaques de loup depuis fin février.  14 de ses moutons ont été tués.   Les résultats des analyses ADN ont confirmé qu’il s’agissait d’attaque de loup. 

Il nous emmène là où la dernière attaque a eu lieu, juste à côté de la bergerie.  Devant nous, une centaine de moutons pâturent paisiblement.  Et pourtant :  "Le loup semble être venu de la sapinière, tout au fond de la prairie.  Ce jour-là, en avril, les chiens étaient dans un autre champ.  Il a tué 6 brebis.  Des jeunes femelles que j'avais sélectionnées.  Et lors de la première attaque, en février, il a tué des brebis gestantes et leurs agneaux qui étaient dans le ventre."

Des patous pour protéger les troupeaux

Stijn possède plus de 400 brebis, réparties dans 5 ou 6 prairies.  Bientôt 4 de ses chiens veilleront sur les troupeaux.  L'été, un de ses amis lui en prête un 5ème.  Une présence rend l'éleveur plus serein, mais qui a un coût.  "Rien qu'en nourriture, c'est un très gros investissement.  Ces chiens mangent près d'1kg de croquettes par jour.  Mais il faut aussi compter l'achat, les frais vétérinaire.  En plus, nous on leur a mis un collier GPS pour pouvoir les retrouver s'ils sortent de la prairie.  Et ça aussi, c'est très cher."

"Je suis éleveur de moutons, pas de chiens.  Et pourtant, la présence du loup m'oblige à le devenir", déplore Stijn.

Grand défenseur de la biodiversité, Stijn n'est pas contre le retour du loup.  "Il fait partie de la nature, peut-être plus que moi."  Mais il espère que des indemnisations pour l’achat et l’entretien de ces chiens de protection seront envisagées dans le prochain Plan loup prévu en 2027.