Réduire les pesticides dans les cultures peut aussi passer par la technologie. En démonstration dernièrement dans la région de Bastogne, ce pulvérisateur-robot vise uniquement la plante cible.
En test dans le cadre du projet européen Innov'Sûre, ce pulvérisateur est équipé de caméras et d'un logiciel d'Intelligence artificielle qui lui permet de scanner le sol et de pulvériser uniquement la plante cible.
"Comme on est en prairie, je lui ai demandé de pulvériser uniquement les rumex et il ne s'est pas beaucoup trompé", témoigne Julien Theys, technicien CRA-W Gembloux. Ce test est réalisé avec un colorant bleu naturel pour voir les résultats à l'oeil nu. Et c'est assez bluffant.
Jusqu'à 95% de produits phytosanitaires en moins
Pendant la pulvérisation, les paramètres s'affichent sur la tablette. "On peut voir les détections et pulvérisations en direct, aussi la consommation de produits en temps réels et enfin l'économie en litrage hectare. Et ce n'est pas une petite économie.
"Nos tests réguliers ont démontré une économise de 80-90% voire même 95% de produits phytosanitaires" rapporte Julien Theys, technicien au Centre de Recherches Agronomiques de Gembloux.
C'est évidemment bon pour l'environnement, pour le portefeuille, mais aussi pour le rendement.
"En Ardenne, les agriculteurs sèment du trèfle pour le foin, ça résiste bien à la sécheresse, mais les produits pour le rumex détruisent aussi les trèfles. Avec cette pulvérisation localisée, on cible le rumex et on garde le trèfle dans les champs", prévient Adrien De paepe technico-commercial de produits phytosanitaires
Innov'Sûre vise à tester plusieurs technologies
Ce robot Ara est la première technologie testée dans le cadre du projet européen Innov'Sûre. L'objectif est de tester des technologies dans les régions d'élevage pour répondre aux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux.
"Le projet Innov'Sûre permet de tester de nouvelles technologies et des innovations dans le monde agricole. Ces technologies ont été choisies par les agriculteurs pour leur permettre d'avoir un peu plus de recul et de voir si ces technologies sont pertinentes pour leurs exploitations", explique Pauline Alexandre, chargé de projet Innov Sûre
Jusque fin 2028, d'autres technologies seront testées à la demande des agriculteurs du bassin de la Sûre comme des clôtures virtuelles ou encore des capteurs de température animale.