Le musée de la 101e Airborne, du nom de la fameuse division américaine qui a défendu le secteur de Bastogne durant la Bataille des Ardennes, fête ses 15 ans d'existence. Un anniversaire qui sera célébré ce week-end avec des activités dédiées aux familles. Retour sur l'évolution de ce musée entièrement créé par des passionnés.
C'est l'une des scènes les plus connues de la Bataille des Ardennes : Patton, qui a percé l'encerclement de la ville, décorant McAuliffe, qui a résisté à la poussée allemande. Deux figures emblématiques du conflit reconstituées au musée de la 101e Airborne.
Un musée créé en 2011 par des particuliers, et qui attire aujourd'hui entre 22.000 et 25.000 visiteurs par an sans que le Bastogne War Museum ne lui fasse trop d'ombre.
"Je ne pense pas qu'il y ait une concurrence, c'est une complémentarité", estime Johnny Bona, co-fondateur du musée. "Ils abordent un thème tout à fait différent et d'une autre manière. Ici, nous voulons que les gens ressentent les choses, voient la détresse de l'être humain, voient la fatigue, l'épuisement, la peur ressentie par les différents acteurs dans cette bataille, y compris les civils qui sont toujours au milieu du jeu de quilles".
L'ambiance pesante de la guerre
Après le rez-de-chaussée, les étages de ce bâtiment construit en 1938 et occupé par les Allemands de mai 40 à septembre 44 puis par les Américains se sont progressivement remplis.
De nombreuses actions qui se sont déroulées à Bastogne sont reconstituées pour permettre aux visiteurs de s'imprégner de l'ambiance de la guerre. Celle-ci est notamment perçue dans une salle mettant en scène des Américains la veille de Noël 44, des boys épuisés par les combats.
"Je viens de Gand", nous indique un visiteur. "J'avais vu sur internet qu'il y avait un très beau musée sur la 101e Airborne. Les son et lumière en haut avec les avions qui attaquent et la mitraille et tout, vraiment, ça nous jette un froid, un bon froid, heureusement".
Les draps blancs
Avec les moyens budgétaires qui sont les siens, le musée cherche toujours à agrémenter ses collections.
Un nouveau diorama représentant la symbolique des draps blancs sera prochainement installé. À l'époque, les alliés n'avaient en effet aucune tenue de camouflage pour passer l'hiver. Un major américain a donc demandé à la population de lui donner des draps blancs, en promettant de lui rendre.
"Peu de temps après, il se rend compte de la stupidité de sa promesse puisque les types, dès qu'ils ont reçu les draps blancs, ont commencé à les découper pour faire des panchos, des camouflages, des casques, etc", explique Johnny Bona. "Mais c'est grâce à la visite de quelques journalistes en 1946 qui reviennent à Bastogne pour voir comment la vie reprenait, qu'ils rencontrent des gens à Hemroulle et les gens leur disent que les Américains avaient promis de ramener ces draps".
Après le conflit, le major Hanlon, revenu aux Etats-Unis, organisera une conférence pour expliquer comment la population belge avait aidé les Américains déployés sur le terrain des Ardennes.
La seule condition pour participer à l'événement était.. de venir avec des draps blancs. Ceux-ci seront ensuite acheminés comme promis à Hemroulle en 1947 : autant de petites histoires et d'anecdotes à découvrir au musée de la 101e.