Vieux de 80 ans, le Chemin de croix de Warmifontaine vient d'être réhabilité.
Auteure des nouveaux panneaux sur les stations, l'illustratrice Valérie Dion invite "au partage dans l'émotion".
A deux pas de là, la ville de Neufchâteau a inauguré la placette du cimetière, autrefois défendue par les riverains contre des dépôts de construction.
La chaleur des premiers rayons du week-end ne fait pas tout. A Warmifontaine, nombreux sont les habitants à s'être déplacés ce dimanche après-midi pour apprécier les aménagements sur la place du nouveau cimetière…
"C'est un travail remarquable. Ça apporte du baume au coeur de voir cette place, pensée et rénovée. C'est une partie de notre enfance qui est remise en valeur"
"Je passe devant tous les jours. Et franchement, ça fait du bien d'avoir quelque chose de propre, quelque chose de fini.
Comparé à avant, c'est le jour et la nuit".
Il y a sept ans, le collège de Neufchâteau avait autorisé un entrepreneur à y remiser momentanément des déchets de constructions. Et la vue s'est rapdiment transformée.
"Rien n'était clôturé. Au fur et à mesure, c'était en train de devenir une décharge publique. Juste devant le cimetière", se souvient Olivier Jacob, un des riverains qui a remué ciel et terre, et obtenu gain de cause.
Sous l’impulsion de Mariline Clémentz alors échevine, la ville lance les premiers aménagements.
La nouvelle majorité y ajoute des parking, des bacs à jardinage et l'ancien kiosk du Moulin Klepper, parfait pour abriter l’école du dehors de Warmifontaine.
"Les habitants se sont même un peu révoltés, parce que ça n'était pas représentatif de l'image du village. Nous sommes situés ici entre les deux cimetières, l'ancien et le nouveau, et on forme de trait d'union."
Jacques Cheppe, échevin des travaux et du petit patrimoine
Est venue s'ajouter une stèle en mémoire des mineurs, dessinée et découpée par Patrick Gibout, citoyen du cru, et artisan à ses heures.
"Je n'ai pas voulu travailler sur une tôle pleine. J'ai préféré faire l'inverse et découper la tôle de telle manière que la lumière traverse le mineur. Au fur et à mesure de la journée, les couleurs de la stèle et l'ombre portée changent"
Patrick Gibout, auteur de la stèle du mineur
Et comme en écho à cette stèle, les chestrolais redécrouvre à deux pas de là… la grotte Notre dame et son Chemin de croix. Deux bouts d’histoire, et de patrimoine, cher au village des ardoisiers…
"Il y a d'abord eu la construction de la grotte par tous les ouvriers des ardoisières et leurs familles dans les années 30. C'est vers les années 1945-1949, après la guerre, que le Chemin de croix a été créé par l'abbé de l'époque.
Pour nous, c'est devenu un circuit presque obligatoire quand on montait à la grotte"
Micheline Louis, présidente de CPAS et habitante de Warmifontaine
Sur chacune des quatorze stations, les nouveaux panneaux sont signés Valérie Dion, dont le dessin rappelle à la fois le travail du shiste, et le partage, dans la souffrance et l’émotion.
"Je voulais que ce chemin de croix soit destiné à tout le monde, croyants, catholiques ou autres, et non-croyants.
L'émotion, j'essaie de la traduire par les regards, les visages, les mains qui racontent.
J'essaie de rechercher l'attitude la plus juste possible"
Valérie Dion, illustratrice
Ce sentier du Chemin de croix sera bientôt prolongé d’un autre parcours de promenade, autour des ardoisières et du lavoir, comme pour ancrer encore un peu plus l’histoire de Warmifontaine.