Un habitant de Virton a été victime d'une arnaque par mail et par téléphone. En pensant discuter avec un interlocuteur de sa banque, Pascal Cardron a été débité de 168 000 euros.
Ce qui était censé être une simple commande Amazon a tourné au cauchemar pour Pascal Cardron. Recevant un mail provenant soi-disant de Mondial Relay, le Virtonais a été invité à introduire ses coordonnées bancaires pour la bonne livraison de son colis. Plus tard, Pascal reçoit le coup fil d'une personne se présentant comme employée au service fraude de la banque Keytrade. L'escalade a commencé.
"Il m'a juste demandé mon numéro de client, que j' ai donné, explique Pascal Cardron. Il m'a ensuite dit que tout était en ordre. C'est alors que je me suis rendu compte qu'il ne me restait que 84 euros sur le total de mes comptes."
"Pour moi, la banque est fautive"
En 48 heures, 42 transactions d'une valeur de plus de 4 000 euros ont été effectuées depuis le compte de Pascal. Les 168 000 euros dont il avait récemment hérité ont été reversés vers d'autres comptes Keytrade.
"Pour moi, la banque est fautive, lance-t-il. Ces transactions ne se sont pas faites en une fois, à chaque fois pour des gros montants et je n'ai eu aucune alerte. Je ne comprends pas qu'une banque peut laisser filer 168 000 euros de cette façon."
Contactée par Pascal, la banque explique ne pas avoir de responsabilité dans cet incident, indiquant que le client n'avait pas à fournir de données sensibles.
Une procédure inhabituelle
Mais ce qui interpèle la victime, c'est que les virements ont été réalisés sur des comptes internes à la banque. Une procédure inhabituelle pour les cybercriminels.
"Des virements en interne, c'est plutôt rare, indique Christophe Axen, de la Computer Crime Unit de la police de Liège. En général, ces virements partent assez vite vers l'étranger pour complexifier les poursuites. Ici, les criminels ont sans doute cherché à tout rassembler sur quelques comptes pour ensuite procéder à d'autres transferts. Cela fonctionne avec des mules, donc des personnes qui prêtent leur compte de manière temporaire pour permettre à des criminels de commettre des transactions frauduleuses en dissimulant les traces."
Difficile d'exiger un remboursement
Si Pascal a porté plainte auprès de la police, son cas semble être complexe pour récupérer son argent.
"Ce sera difficile car la victime puisse démontrer qu'elle n'a pas commis d'erreur, qu'elle n'a pas volontairement communiqué les moyens d'accéder à ses ressources, prévient Christophe Axen. Si la victime n'arrive pas à démontrer qu'elle n'a pas commis de faute, ce sera difficile de prétendre à exiger de la banque un remboursement."
Un dossier complet doit être monté afin de rassembler un maximum d'éléments en la faveur de Pascal. 5 000 euros lui ont été remboursés par sa banque. Une goutte d'eau au vu du montant détourné.