Le Parc national de la Vallée de la Semois teste actuellement un gyrobroyeur télécommandé sur les pentes face au Tombeau du Géant, à Botassart.  Un site difficile d'accès pour les machines traditionnelles et donc compliqué à entretenir.

Du point de vue à Botassart, on aperçoit de moins en moins le Tombeau du Géant, juste en face.  Et pour cause : la végétation reprend peu à peu ses droits.  "Autrefois pâturé, le site a été laissé sans entretien depuis plusieurs années, explique Antonio Ramirez-Guanche, chargé de projet Nature pour le Parc national de la Vallée de la Semois.  À la demande de la commune de Bouillon, nous avons testé plusieurs machines traditionnelles pour entretenir le site, mais celles-ci ne sont pas capables de passer dans ces pentes à plus de 40° sans risquer de se renverser et de mettre en danger l'exploitant forestier.

Le Parc national teste actuellement un gyrobroyeur télécommandé, dont une entreprise locale vient de faire l'acquisition.  "C'est un petit engin d'environ 3 mètres sur 1,5, il est monté sur des chenilles, capable de travailler dans les endroits hostiles."

Ce matin-là, le sol est détrempé par les pluies de la nuit.  D'énormes fougères recouvrent le sol et de jeunes bouleaux poussent ça et là, mais la machine parvient à travailler.  "Avec son centre de gravité très bas, elle adhère bien au sol, explique Martin Petitjean, de la société SP Gyrobroyage.  Elle peut travailler dans toutes les directions et dans des pentes jusqu'à 60°.  Elle peut même mettre au sol des arbres de petits diamètres."

Léger, son impact sur le sol forestier semble aussi plus faible qu'avec les tracteurs et autres machines traditionnelles.  "Sur le Parc national, nous sommes souvent confrontés à l'entretien des points de vue et aux pentes accidentées pour y accéder.  Nous devons aussi entretenir pas mal de zones humides, où peu d'engins peuvent circuler sans abimer et tasser le sol, détaille Antonio ramirez-Guanche.  Cette machine étant très légère, elle devrait également nous permettre d'intervenir dans ces zones sensibles."

Une manière d'associer exploitation forestière moderne et préservation de la nature.