Depuis 2023, les événements doivent utiliser des gobelets réutilisables. Une obligation à laquelle se sont conformés les brasseurs. Mais à Bastogne, le comité organisateur du carnaval doit faire face cette année à la disparition de plus de 22.000 de ces gobelets, ce qui lui coûte plus de 13.000 euros.

Le Pat'Carnaval de Bastogne a connu une mésaventure lors de cette édition 2026, plus de 22.000 gobelets sont manquants : détruits, abîmés ou volés. A 60 cents pièce, cela créée un trou de plus de 13.000 euros dans les comptes...

"Je pense que les gobelets sortis du site, ça représente une très petite minorité. Tout ça, ça a un surcoût aussi pour nous puisqu'évidemment, une fois ces gobelets en route, nous avons dû prendre des sorteurs supplémentaires pour empêcher les gobelets de sortir du site. Mais il y a eu énormément de casse pendant le week-end dans les gobelets. Quand on voit ce que l'on ramasse dans le chapiteau et à l'extérieur à chaque fin de soirée, c'est monstrueux au niveau écologique", Dominique Lambert, président du Pat'Carnaval

Dominique Lambert s'interroge donc sur la réelle avancée écologique de l'usage de ces gobelets qui, selon lui, contiennent 12 fois plus de plastique que les jetables  et nécessitent une importante logistique. Mais contrairement à beaucoup d'événements, le carnaval de Bastogne n'avait pas consigné ses gobelets réutilisables...

"Le système de caution n'est pas imposé par nous. On met le gobelet à disposition, on s'occupe de la logistique, du nettoyage, etc. Mais le consigner ou pas, c'est le choix du client. Le carnaval de Bastogne est un événement majeur, un événement énorme au niveau de l'organisation, des bénévoles et de toute l'équipe qu'ils ont à gérer. C'est déjà des grosses logistiques très compliquées.", Fabrice Maziers, brasseur de l'événement

Avec un bar de 70 mètres de long et 12 à 15.000 personnes dans le chapiteau,  il faudrait trouver encore plus de bénévoles ou d'associations pour tenir des points de remboursement. Et comment rembourser plusieurs milliers de personnes simultanément lors de la fermeture ? Ces questions et bien d'autres reviennent régulièrement en réunion inter-comités carnavalesques

Plusieurs carnavals succédant à Bastogne ont expressément demandé au brasseur d'utiliser un autre modèle de gobelets que ceux utilisés à Bastogne, histoire de ne pas risquer de rembourser des cautions qu'ils n'ont pas reçues.

Des problèmes d'hygiène ?

Dominique Lambert met aussi en cause des problèmes d'hygiène avec ces gobelets réutilisables, ce que réfute le directeur des Ateliers du Saupont (Bertrix), qui a investit 300.000 euros dans des lave-vaisselles industriels pour nettoyer les gobelets mais aussi leurs contenants.

"Chaque box est scellé avec un certificat de validité de six mois. Si au-delà de six mois, le gobelet n'a pas été utilisé, il repasse par le lavage. C'est une collaboration que nous avons, notamment avec le brasseur Maziers.", Etienne Genin, Directeur des Ateliers du Saupont

Pour Etienne Genin, une caution uniformisée à l’échelle provinciale pourrait être une solution.

Le carnaval de Bastogne a trouvé au Grand Duché un débouché pour ses montagnes de gobelets cassés ou écrasés, de quoi éviter une mise en décharge, ce qui lui aurait encore coûté plus de 500 euros la tonne.