Quinze personnes, dont dix mineurs, ont été arrêtées administrativement ce lundi matin à Arlon après plusieurs incidents dans le centre-ville. Du mobilier urbain a notamment été incendié. Des mesures préventives ont également été prises aux abords d’établissements scolaires dans plusieurs villes de la province.
Dès 8 heures, plusieurs groupes se sont rassemblés à Arlon avant de se déplacer dans différents secteurs du centre-ville. Selon la Zone de police d’Arlon, certains participants étaient cagoulés ou avaient le visage dissimulé.
Des poubelles et des bancs ont notamment été incendiés à plusieurs endroits, parmi lesquels la place Schalbert, le parking de la gare, la rue Goffaux, le quartier de la Meuse et la place Léopold. Les différents départs de feu ont rapidement été maîtrisés par les policiers et les pompiers.
Ces rassemblements avaient été précédés, ces derniers jours, par des appels à manifester diffusés sur les réseaux sociaux, faisant notamment écho aux mouvements de contestation observés dans plusieurs établissements scolaires en France.
Des pétards lancés vers des passants
Les incidents ne se sont pas limités aux incendies. Des pétards ont été lancés vers des passants et des étudiants, mais aussi en direction de commerces et d’habitations. Des engins pyrotechniques ont notamment été utilisés à proximité de l’Itela.
Plusieurs suspects ont pu être identifiés. Des dossiers ont été ouverts pour des faits d’incendies volontaires, de rébellion et de vandalisme. Le parquet du Luxembourg, qui a été avisé, indique qu’une suite prioritaire sera réservée à ces dossiers.
Au total, quinze personnes ont été arrêtées administrativement, dont dix mineurs. La police précise qu’elles sont originaires de différents endroits de la province et ne sont donc pas nécessairement scolarisées à Arlon.
Une présence policière renforcée dans la province
Des mesures préventives ont également été prises dans d’autres communes, notamment à Neufchâteau, Marche-en-Famenne et Bastogne. Plusieurs zones de police ont renforcé leur présence aux abords des établissements scolaires afin de prévenir d’éventuels incidents.
« L’idée, c’est d’être présent sur le terrain afin de prévenir une atteinte à l’intégrité des personnes ou des biens. Nous souhaitons faire de la prévention plutôt que de devoir intervenir de manière répressive. Alors, on s’entraide entre zones de police". Laurent Halleux, chef de corps de la Zone de police Centre Ardenne
La Zone de police Famenne-Ardenne a également renforcé ses passages aux abords des établissements.
« Il ne s’agit pas d’une présence permanente, ce n’est pas une présence statique. Nous passons devant les établissements ». Daniel Somelette, Chef de corps de la Zone de police Famenne-Ardenne.
150 étudiants dans les rues à Virton
À Virton, quelque 150 étudiants ont manifesté dans les rues de la ville. Aucun incident majeur n’a toutefois été signalé. « Tous les étudiants avaient réintégré leur établissement avant midi », précise Jean-Yves Schul, chef de corps de la zone de police Gaume.
Un jeune a toutefois été pris en flagrant délit alors qu’il faisait usage d’un artifice pyrotechnique. « Nous sommes intervenus directement et cela a donné le ton », estime Jean-Yves Schul.
Au cours de la matinée, un groupe de quarante jeunes a par ailleurs quitté Virton pour se rendre à Arlon. « Nous avons immédiatement prévenu la zone de police voisine », indique le chef de corps.
L'Athénée de Neufchâteau anticipe les débordements
Dans un message adressé aux parents, la direction de l'Athénée de Neufchâteau indique se « désolidariser pleinement » de tout appel à la grève et précise qu’elle n’en cautionne « ni le principe ni les modalités ».
L’établissement rappelle également que le droit de grève est reconnu aux travailleurs, mais qu’il ne constitue pas un droit accordé aux élèves. Dès lors, les élèves qui ne se présenteraient pas aux cours ce lundi en invoquant leur participation à cette « grève » seront considérés comme étant en absence injustifiée.
