À Nassogne, les Tilleuleries ont retrouvé cette année un cadre particulier. Rebaptisée Infusion de Tilleul, cette 38e édition est revenue autour de la Collégiale Saint-Monon, là où le festival avait démarré
Quelques notes de fanfare, et le public est déjà dans l’ambiance. Avant même le début des spectacles, l’Harmonie Royale Communale donne le ton pour cette 38e édition des Tilleuleries, rebaptisée cette année Infusion de Tilleul. Autour de la Collégiale Saint-Monon, le festival prend une forme différente des années précédentes. Plus compacte, plus proche du public, cette édition a été pensée comme une parenthèse, en raison des travaux en cours sur le site habituel du hall omnisports.
“On est bien accueillis. Ça donne une chaleur, une envie d’écouter. Une ambiance décontractée, qui marche bien avec le soleil.”
Un autre spectateur résume la journée avec le même enthousiasme.
“C’est hyper chouette, c’est hyper familial. On peut tout voir. Maintenant il y a la musique, tout est parfait ici.”
Un forfait de dernière minute
Cette édition a aussi demandé de l’adaptation. La veille du festival, une compagnie prévue à l’affiche a dû annuler après la blessure d’un acrobate. L’organisation a alors trouvé une solution en urgence avec Okidok, appelé pour compléter le programme. La compagnie avait l’avantage de proposer un spectacle léger, sans décor lourd, joué dehors, à quelques mètres seulement du public. Et elle se trouvait, par hasard, du côté de Bettembourg ce week-end. L'occasion a donc été saisie...
“C’est un spectacle où il n’y a pas de décor. C’est beaucoup sur l’impro, même s’il y a une trame et des acrobaties écrites. On peut arriver une demi-heure avant et jouer.” Thierry Bouvier, compagnie Okidok
Le festival s’est aussi joué à l’intérieur de la Collégiale. Avec Gum Over, la compagnie Lombric Spaghetti a investi un lieu de recueillement, où le silence fait généralement partie du décor. Une configuration qui change forcément l’écoute du public.
“Ici, on est dans un lieu fermé avec la résonance. Le moindre petit bruit sur scène, le public va l’entendre. C’est ça qui ramène encore plus d’écoute du public.”
Compagnie Lombric Spaghetti
Un brin de nostalgie autour de la Collégiale
Ce retour autour de la Collégiale a aussi réveillé quelques souvenirs. Claudine faisait partie des premiers spectateurs du festival. Elle se souvient notamment d’un spectacle qui avait quelque peu bousculé l’ambiance du lieu.
“Un artiste avait prévu un petit spectacle avec attaque armée pendant l’heure de l’office. L’abbé Jansen était furibard et avait dit : ‘c’est fini, il n’y aura plus de Tilleuleries’. Et pourtant, ….”
Claudine, spectatrice des premières éditions
Trente-huit éditions plus tard, le rendez-vous est toujours là. Mais cette parenthèse autour de la Collégiale impose une jauge plus limitée que sur le site habituel.
“Ici, on ne peut accueillir que 400 à 450 personnes, là où on peut accueillir jusqu’à 900, voire 1 000 personnes autour du hall omnisports.”
Élodie Boesendorff, organisation
Les Tilleuleries devraient retrouver leurs quartiers habituels dès la prochaine édition. Cette journée autour de la Collégiale aura toutefois rappelé d’où le festival est parti.