Comment se relever après une chute ?  Durant toute la semaine, la maison de repos Serenia, à Bouillon, organise une semaine de prévention contre les chutes, avec des exercices pratiques pour les résidents, mais aussi de la sensibilisation pour le personnel. 

Lorsque nous arrivons sur place, Monique, 78 ans, est allongée sur le sol.  Non, elle n'est pas vraiment tombée.  Elle se prête à un exercice pour apprendre à se relever si un jour elle venait à tomber.  "On nous apprend à d'abord se remettre sur le ventre, puis à replier un genoux, ensuite l'autre et seulement quand on est à quatre pattes, essayer de se relever avec les mains", explique la résidente.

Tout comme Monique, une dizaine de résidents participe à un exercice de prévention contre les chutes, qui sont plus fréquentes en vieillissant.  "Il y a souvent une perte musculaire, de l'audition, de la vue qui engendre une perte d'équilibre et de la coordination, explique Antonin Bissot, kiné au sein de la maison de repos.  Ajoutez à cela une diminution de la force. Conséquence : des chutes arrivent plus souvent chez les personnes âgées."

En 2025, la Maison de repos Serenia à Bouillon dénombre environ 270 chutes parmi ses résidents.  Ces statistiques sont recensées pour essayer de mettre en place des améliorations dans les lieux fréquentés par les résidents.  "95% des chutes sont sans conséquences, rassure le kiné.  Mais ça veut dire qu'il y 5% de chutes où il y en a : une hospitalisation, parfois une fracture ou une opération."

Le personnel aussi sensibilisé aux difficultés des personnes âgées

Lors de cette semaine de prévention, le personnel aussi est sensibilisé aux difficultés rencontrées par les personnes âgées.  Grâce à un dispositif prêté par l’Aviq, Vanessa Houins, hôtesse d'accueil, a enfilé des lunettes déformantes et des gants qui vont simuler un tremblement.  Elle doit essayer de déballer un biscuit et boire un verre d'eau.  L'exercice n'est pas évident !  "Le plus difficile, c'est de gérer le tremblement des mains, on n'arrive pas à l'arrêter.

Cette expérience lui permet de se projeter dans le quotidien des résidents qu’elle accompagne chaque jour.  "Au restaurant, je sers les repas.  Je vois souvent des gens qui ont des difficultés pour manger.  Ouvrir les emballages pour eux, ça peut vraiment les aider, bien mettre les choses devant eux, etc.  ça fait réfléchir en tout cas."

D’autres ateliers auront encore lieu, durant toute la semaine, pour permettre aux familles de participer aussi.