Depuis quelques jours, à la tombée de la nuit, à Robelmont (Meix-dvt-Virton), une équipe de bénévoles patrouille le long d’un tronçon de route pour aider grenouilles, crapauds et tritons à rejoindre la rivière, en pleine période de reproduction. Car les dangers sont nombreux

Chaque année, quand les nuits deviennent plus douces et humides, grenouilles, crapauds et tritons quittent leurs zones d’hivernage pour rejoindre leurs lieux de reproduction. À Robelmont, ce trajet passe par une route. Et sans aide, beaucoup de batraciens n’arrivent pas au bout du voyage. 

« On fait des allers-retours sur notre tronçon de route et, dès qu’on voit un batracien qui n’est pas trop éloigné, on le prend et on le fait traverser », explique Fanette Baillieux, coordinatrice du site à Robelmont.

Sur place, les bénévoles enchaînent les allers-retours, lampe en main, pour repérer les animaux et les faire traverser en sécurité. Le geste est répétitif, précis. Il faut voir, ramasser, traverser, relâcher, puis recommencer, parfois pendant plusieurs heures.

"On vient généralement de 18h30 à 22h. Dimanche passé, nous étions venus sous la pluie. On a pu faire passer plus de 250 batraciens en quelques heures", ajoute une bénévole

Le danger est partout

Le danger ne vient pas seulement des voitures. Le terrain lui-même peut devenir un piège. À Robelmont, certaines bouches d’égout sont par exemple sécurisées avec un treillis pour éviter que les batraciens n’y tombent. La circulation reste malgré tout la menace la plus visible. Les bénévoles travaillent en gilets réfléchissants, avec des lumières, et font signe aux conducteurs de ralentir. La plupart des automobilistes jouent le jeu, mais pas tous.

"Moi, je fais attention! Il m'arrive même de m'arrêter et d'en ramasser quelques uns pour les mettre hors de danger", glisse cette automobiliste

Moins de batraciens ces dernières années

Sur ce site, le volume de batraciens "sauvés" reste important : l’an dernier, plus de 2.500 batraciens ont été aidés à traverser. Cette saison, les bénévoles en ont déjà sauvé plusieurs centaines en quelques jours. Mais ces chiffres ne suffisent pas à rassurer totalement. Leur nombre diminue au fil des ans.

« De manière générale, il y en a moins, malheureusement. C’est multifactoriel : le climat joue, on perd des habitats, on les fractionne avec des routes et des obstacles », résume Jean-Luc Mairesse, représentant de Natagora.

Autrement dit : même si le sauvetage local fonctionne, la tendance à la baisse reste préoccupante. Entre les routes, la dégradation des habitats et d’autres pressions sur les populations, les batraciens restent fragilisés.

La mobilisation continue

C’est précisément pour cela que les bénévoles continuent. Derrière ce travail de nuit, il y a une action concrète, visible, immédiate : permettre à un maximum d’animaux d’atteindre la rivière.

« La motivation, c’est de venir sauver les grenouilles, les crapauds, les tritons. J’ai eu la chance d’avoir un triton alpestre, et on espère vraiment protéger ces espèces », témoigne Nicole, bénévole.

Si les conditions météo restent favorables, les sorties devraient se poursuivre à Robelmont jusqu’au mois d’avril.