À Habay, la bibliothèque a récemment changé de visage. Des centaines de grues en papier ont investi les lieux dans le cadre d’un projet collectif visant à transmettre un message de paix. Une initiative portée par la bibliothèque, les écoles et les enfants de la commune, inspirée d’une tradition venue d’Asie.

À la bibliothèque d'Habay-la-Neuve, les livres ont récemment partagé l’espace avec des grues en papier. Une décoration inhabituelle, derrière laquelle se cache un projet collectif lancé à l’automne dernier.

« C’est un projet qu’on a lancé pour se rassembler à Habay et partager des messages de paix, dans un climat un peu morose », explique Tatiana, employée à la bibliothèque

L’initiative démarre en octobre et dépasse rapidement le cadre de la bibliothèque. Lecteurs, écoles et accueils extrascolaires se mobilisent. L’objectif est clair : récolter mille grues.

« Aujourd’hui, on en compte 1456 ce qui dépasse largement nos espérances », se réjouit Tatiana.

Chaque grue renferme un message, écrit pour quelqu’un que l’on ne connaît pas. Des vœux simples ou plus engagés, rédigés par les participants.

« L’idée était de permettre à chacun de formuler un vœu pour un inconnu. On retrouve des messages très simples, mais aussi d’autres plus forts », souligne Amandine, responsable de la bibliothèque.

Plier mille grues n’est pas un geste anodin. Cette pratique est issue d’une tradition asiatique, associée à la paix et à l’espoir.

« Le principe de plier mille grues est une tradition japonaise. Dans certains contextes, elles sont envoyées à Hiroshima pour porter un message de paix », précise encore Amandine.

À Habay, le choix a été différent : conserver ces grues et les redistribuer localement. Ces grues ont été distribuées lors d’une soirée de lecture organisée à la bibliothèque. Les enfants présents ont pu écouter des histoires et découvrir le sens de cette action.

« Une grue, c’est un petit oiseau », confie un enfant ayant participé à la soirée.

Pliées au fil des mois et partagées le temps d’une soirée, ces grues ont porté un message simple. À Habay, un geste collectif, local, et un symbole destiné à aller bien au-delà des murs de la bibliothèque.