Une pétition réclamant plus de transparence, du respect et une gouvernance plus éthique dans la gestion de l’Académie d’Été (AKDT) a recueilli plus de 1240 signatures. Elle fait suite à la décision de cesser toute collaboration avec trois formateurs du pôle chestrolais et au licenciement de la chargée de communication qui a suivi.
La Royale Académie Internationale d'Été de Wallonie est reconnue fondation d’utilité publique et, depuis 64 ans, chaque été, elle propose des stages artistiques sur Neufchâteau et Libramont. Mais certaines tensions sont apparues au grand jour avec la publication d'une pétition.
Les revendications portées par cette pétition tiennent en cinq points :
- Fournir des explications claires et publiques sur les départs de trois formateurs ;
- Suspendre la mise en œuvre de ces décisions ;
- Mandater un audit financier indépendant sur la gestion de la fondation ;
- Communiquer de manière transparente sur les projets futurs du pôle AKDT de Neufchâteau ;
- Mettre en place une gouvernance éthique, responsable et transparente, garantissant un cadre de travail respectueux pour l'ensemble des travailleurs, collaborateurs et bénéficiaires de l'AKDT.
Trois directions en quatre ans mais une bonne édition 2026
Selon les pétitionnaires, « ces départs s'ajoutent au lourd bilan de ces dernières années et témoignent d'une instabilité managériale systémique (succession anormale de trois directions et fin de collaboration de trois conseils artistiques en quatre ans). »
Pourtant, reconnaissent-ils, « l'édition 2026 a été unanimement saluée : nouvelles initiatives, climat de confiance et d'ouverture retrouvé, grâce notamment au travail de ces mêmes personnes. Et ce toujours dans une approche pédagogique efficace et bienveillante. »
Enfin, ils rappellent que « l'AKDT n'existe pas grâce à son seul Conseil d'Administration : elle vit depuis plus de 60 ans grâce à ses stagiaires, ses formateurs, ses jobistes, son public et évidemment grâce à ses conseillers artistiques. C'est pourquoi nous, signataires de cette pétition, ne pouvons rester silencieux face à une gestion qui manque à ce point de transparence et de considération pour les personnes qui font vivre cette institution. »
Le collège de direction de l'AKDT nuance
Dans une réaction écrite envoyée à nos confrères de la RTBF, le collège de direction de l'AKDT insiste sur le fait que ces tensions ne sont pas généralisées mais concentrées uniquement sur le site de Neufchâteau et non celui de Libramont. Ils expliquent aussi que "la fin de la collaboration avec les conseillers artistiques et la personne responsable de l’intendance est, en réalité, un non-renouvellement de mandats annuels après des tensions déjà présentes à la fin du mandat précédent et que la détérioration de la situation rendait la suite de la collaboration non souhaitable". Ils refusent de commenter le licenciement de la salariée afin d’en préserver la confidentialité et de respecter le cadre du droit du travail applicable à la fin de son contrat.
Mais le collège de direction ajoute que pour l’avenir, "il nous paraît important de créer un espace de dialogue ouvert et constructif entre les stagiaires, les formateurs et formatrices, les conseillers et l’administration. Les modalités de ce dialogue restent à définir. […] L’AKDT est une institution ancienne, et certains modes de fonctionnement hérités de son histoire doivent être revus ensemble. Ce travail pourra contribuer à rétablir une collaboration fructueuse et à aborder l’avenir avec lucidité face aux défis, mais aussi avec confiance dans notre capacité à les relever.".