Chaque année, les Godefroid récompensent celles et ceux qui mettent en lumière la province de Luxembourg. Cette année, trois nominés ont été sélectionnés dans la catégorie culture.
Retrouvez le travail de Gino Del Frari, Jean-Marc Ceci et Véronique Van Mol dans une capsule réalisée par TV Lux Prod.
L’art pacotille, un univers à part signé Gino Del Frari
Installé à Bertrix, Gino Del Frari développe depuis plus de 50 ans un univers artistique bien à lui. Il commence à travailler au chemin de fer en 1965, à l’âge de 16 ans. En parallèle de sa carrière professionnelle, il nourrit sa créativité et réalise ses premières expositions dès 1972. Au fil de son parcours, ses créations sont notamment présentées à la galerie La Louve, à Arlon, ainsi qu’à la galerie du Cheval Blanc à Virton dans le cadre d’expositions collectives.
Au fil des années, il explore une multitude de techniques et de matériaux : bois, peinture, plastique ou encore dessin. Une diversité qui reflète sa volonté de ne pas s’enfermer dans un seul style ni de reproduire ce que font les autres.
Il qualifie lui-même son travail d’« art pacotille », une appellation qui résume bien l’esprit de ses créations, faites de bric et de broc, souvent inspirées d’objets du quotidien et souvent empreintes d’une pointe d’humour. S’il prend plaisir à exposer ses réalisations et à les partager avec le public, Gino Del Frari ne cherche pas pour autant à les vendre. Ce qui le motive avant tout, c’est le plaisir de créer et de faire découvrir son univers aux autres. Il conserve d’ailleurs la plupart de ses œuvres dans sa cave. Et lorsqu’un acheteur potentiel s’intéresse à l’une d’entre elles, il lui arrive même de fixer un prix volontairement très élevé pour le décourager. Une anecdote qui en dit long sur sa démarche : pour lui, l’essentiel n’est pas de tirer un bénéfice de son art, mais de pouvoir continuer à créer librement et à partager ses réalisations à l’occasion d’expositions.
Jean-Marc Ceci, l’écriture comme hygiène de vie
À Ethe, dans la commune de Virton, Jean-Marc Ceci cultive une habitude qui ne le quitte jamais : écrire. Depuis la parution de Monsieur Origami chez Gallimard en 2016, l’écrivain a publié deux autres romans : L’herbe dorée , en 2020 aux éditions Weyrich, et Les Étoiles du silence, en 2025 aux éditions Le Soir Venu. Ce dernier lui a valu le Prix Libraire Club 2025 dans la catégorie roman. Trois livres aux univers différents, mais qui se rejoignent autour d’une même envie : raconter les relations humaines et créer des liens. Car pour Jean-Marc Ceci, un roman ne s’arrête pas à la dernière page. Il prend aussi vie dans les échanges avec les lecteurs, les discussions qu’il suscite et les réflexions qu’il laisse derrière lui.
Cette envie de partager se prolonge dans sa manière d’écrire. Jean-Marc Ceci se décrit comme quelqu’un de désorganisé, mais il a fait de l’écriture une discipline quotidienne. Il compare volontiers cette routine à une forme d’hygiène de vie, aussi essentielle que se brosser les dents ou dormir. Une idée lui traverse l’esprit ? Il la note aussitôt, sur son ordinateur, un bout de papier ou même une serviette de table. Ces fragments s’accumulent, parfois pendant des années, avant de trouver leur place dans un roman. Une façon de laisser mûrir les histoires sans jamais cesser de les nourrir.
Les paysages de Gaume participent eux aussi à cette inspiration. Les prairies, les grands espaces et la nature qui entourent l’écrivain trouvent un écho dans ses livres. Avant de faire de l’écriture son activité principale, Jean-Marc Ceci a connu plusieurs vies professionnelles. Après des études de droit à l’UCLouvain, il exerce comme avocat, puis devient directeur des ressources humaines. Il retourne ensuite à l’université, cette fois au Luxembourg, où il mène des recherches en théorie du droit et obtient un doctorat en 2023. Aujourd’hui, c’est principalement dans la littérature qu’il poursuit son chemin, avec cette même attention portée aux mots, aux idées et aux relations humaines.
Véronique Van Mol ou l’art de la récup’
Originaire de Mons et aujourd’hui installée à Bertrix, Véronique Van Mol façonne des livres comme d’autres confectionnent des vêtements : sur mesure, avec une attention particulière portée aux matières, aux textures et aux finitions. Diplômée en reliure et dorure de l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, elle possède son propre atelier depuis 1987. Relieuse d’art, elle assemble les pages, imagine les couvertures et réalise des ouvrages uniques, où chaque détail compte. Son travail ne se limite toutefois pas à la fabrication de beaux livres. Depuis des années, elle conserve et réutilise des papiers et des éléments de reliure destinés à être jetés. Une démarche qui se retrouve notamment dans sa série Résidus, composée d’assemblages réalisés à partir de couvertures démontées et de marque-pages retrouvés au fil du temps dans de vieux livres. Cette attention portée aux ressources se prolonge jusque dans les gestes du quotidien à l’atelier : elle veille notamment à ne pas jeter les restes de colle dans l’évier, afin d’éviter que des microplastiques ne finissent dans les eaux usées.
En 2020, elle participe à la Biennale du livre d’artiste à Arlon. Plus récemment, de septembre 2025 à janvier 2026, elle expose à la Maison de l’Imprimerie de Thuin dans le cadre de Visorium 2.0 , un projet artistique conçu avec Monique Voz.
Au-delà de la création, Véronique Van Mol tient à transmettre son savoir-faire. Elle donne des cours de reliure à l’Académie des Beaux-Arts de Namur et anime également des stages à l’ Académie internationale d’été de Libramont (AKDT). Une manière de partager les techniques et les connaissances acquises au fil de son parcours, mais aussi de faire perdurer un artisanat qui demande patience, précision et créativité.
Les votes du public sont ouverts à partir du lundi 19 octobre sur le site : https://www.lesgodefroid.be/fr