Le loup est désormais durablement installé dans plusieurs massifs forestiers de Wallonie, notamment en province de Luxembourg. Son retour naturel suscite autant d’intérêt chez les défenseurs de la biodiversité, que d’inquiétudes chez les éleveurs confrontés aux attaques de troupeaux.
Alors, comment vivre avec le loup ? C’est toute la question du débat que TV Lux vous propose ce soir. Autour de la table :
- Anne-Catherine Dalcq, ministre wallonne de l’agriculture et de la nature, qui travaille actuellement à finaliser le nouveau Plan Loup. En exclusivité pour TV Lux, la ministre donnera les grandes orientations de ce Plan, attendu pour la fin de l'année.
- 2 éleveurs : Sophie Deger éleveuse de moutons à la Ferme du Long Pré à Saint-Hubert. Elle a également participé aux tables rondes pour élaborer ce nouveau plan loup en représentant le secteur,
et Stéphane Burnet, éleveur de bovins à la Ferme des Eaux Bonnes à Louftémont. Stéphane est aussi chasseur. - Alain Licoppe, le coordinateur du Réseau loup, chargé notamment du suivi du loup, lors d'attaques, mais aussi via la récolte d'indices de présence.
- Corentin Rousseau, du WWF, dont la mission est de protéger le loup pour le rôle écologique qu’il représente. Sa compagne est par ailleurs éleveuse de chèvres en Famenne.
Des éleveurs directement concernés par des attaques
Premier enjeu : les attaques de troupeaux. Comment sont-elles identifiées ? Combien sont imputables au loup ? Et comment les éleveurs sont-ils indemnisés ? En Wallonie, une attaque peut être reconnue lorsque la responsabilité du loup est confirmée par une analyse génétique ou par l’expertise de terrain lorsque l’analyse ADN n’est pas concluante.
Mais au-delà de l’indemnisation des animaux tués ou blessés, le débat portera aussi sur les conséquences pour les éleveurs. Une attaque peut laisser des traces bien après les faits : inquiétude lorsqu’il faut retourner voir son troupeau, sentiment d’insécurité et charges supplémentaires pour protéger les animaux.
Peut-on vivre avec le loup ?
Le loup joue un rôle dans les écosystèmes, notamment comme grand prédateur. Mais pourquoi s’attaque-t-il parfois aux animaux d’élevage alors qu’il dispose de proies sauvages ? Et comment expliquer certaines attaques répétées ?
Autre question qui préoccupe nos téléspectateurs : le danger pour l’être humain. Que faire en cas de rencontre avec un loup ? Faut-il craindre les animaux qui s’approchent des habitations ? Et comment répondre aux inquiétudes exprimées dans certains villages, comme Tenneville, Bande ou Nassogne ?
Par ailleurs, la communication autour des attaques et le rôle des autorités locales face aux questions et aux craintes des citoyens seront aussi abordés.
Tir non létal ou prélèvement d’un loup déviant ?
C’est sans doute l’un des points les plus sensibles : quand et comment intervenir lorsqu’un loup devient problématique ?
En exclusivité pour TV Lux, Anne-catherine Dalcq lèvera quelques coins du voile sur le futur plan Loup, qui doit préciser les critères permettant de considérer un individu comme problématique et les réponses pouvant être apportées. Selon la ministre Anne-Catherine Dalcq, les mesures pourraient aller de l’effarouchement au prélèvement, avec une procédure prise en charge par les services de l’administration et conforme au cadre européen.
Faut-il privilégier les tirs non létaux ? Dans quelles circonstances pourrait-on aller jusqu’à tuer un loup qui attaque régulièrement des troupeaux ? Qui prendrait la décision ? Et où placer la limite entre la protection d’une espèce protégée et celle des activités humaines ?
Protéger les troupeaux : mais comment ?
Avant d’envisager une intervention contre le loup, la prévention reste au cœur du dispositif. Clôtures électrifiées, matériel mobile, analyses de risques, accompagnement des éleveurs,… Plusieurs dispositifs existent déjà. Les zones de présence permanente permettent notamment aux éleveurs concernés de bénéficier de conseils et d’aides à la prévention.
Mais dans les faits, installer et entretenir des clôtures représente du temps, du travail et un coût. Les dispositifs doivent-ils être renforcés ? Faut-il pouvoir aider davantage les éleveurs situés en dehors des zones de présence permanente ? Et quelle place donner aux chiens de protection des troupeaux ?
Combien coûte la cohabitation ?
Derrière toutes ces mesures se pose enfin une question plus globale, souvent posées par nos téléspectateurs : combien coûte le retour du loup à la collectivité ?
Indemnisation des animaux, prévention, clôtures, accompagnement des éleveurs, suivi scientifique… La facture pourrait-elle augmenter si la population de loups continue de progresser ?
Et surtout : la Wallonie est-elle prête à accueillir davantage de loups ?
Le débat tentera de répondre à toutes ces questions, sans éluder les contradictions entre protection de la biodiversité, avenir de l’élevage et inquiétudes des habitants.