Quatre photographes réunis autour d’une même passion : l’urbex. L’exposition “Résonances”, à découvrir en ce moment au parc des Topiaires à Durbuy, invite les visiteurs à plonger dans l’univers de l’exploration urbaine. A travers ces quatre regards, lieux et objets abandonnés reprennent vie et racontent leur histoire.
Un hangar déserté, une carcasse rouillée, une chambre figée dans le temps : autant de fragments d’histoires capturés par ces quatre photographes, animés par l’envie de partager leur regard sur l’urbex avec le grand public. Chacun aborde le sujet à sa façon. Pour Sabine Coulon, l’une des artistes participantes, ce sont les carcasses de véhicules abandonnés qui attirent l’objectif :
“Chaque véhicule possède sa propre identité. Aujourd’hui, les voitures tendent à se ressembler, notamment dans leurs formes. A l’inverse, les vieux véhicules se distinguent par des phares bien spécifiques, des volants au design travaillé, dessinés différemment.”
Son collègue, connu sous le pseudonyme de « Baroudeur », privilégie quant à lui l’exploration de sites industriels, attiré par leur passé chargé d’histoire et l’immensité des hangars et usines à l’abandon.
“Je suis un peu curieux de savoir comment ça fonctionnait. Il s’agit également de garder une trace du passé, car je ne suis pas sûr que les générations futures connaîtront le passé sidérurgique ou de certaines usines. Ça peut aussi faire résonance chez nos ancêtres ou chez nos grands-parents qui ont connu des choses que nous ne connaîtrons plus dans le futur.”
Au-delà de l’esthétique, l’urbex s’inscrit dans une démarche de revalorisation. Redonner à voir ce qui est laissé de côté, changer le regard porté sur l’abandon. Une approche qui résonne particulièrement chez certains artistes, comme Vince Michaux :
“Je travaille beaucoup sur la reprise en confiance de soi, la revalidation et la réappropriation du corps. Et l'urbex, c'est un peu la même chose. On a un regard et il s’agit de le communiquer aux autres.
Nous autres photographes sommes des opportunistes, surtout en urbex, que ce soit par rapport à la lumière, au lieu, à la possibilité d'entrer ou pas. C'est un peu la même chose en photo de manière générale. ”
Une démarche artistique qui n’exclut pas un certain cadre. Contrairement aux idées reçues, l’urbex ne s’affranchit pas de règles. Les pratiquants insistent sur le respect des lieux : ne pas forcer les accès, ne rien dégrader ni emporter. Une éthique largement partagée par Joël Mattei, fasciné par ces espaces depuis son plus jeune âge.
Aurélien Pirotte (st.) et Arnaud Crefcoeur