La huitième édition du Parcours d’Artistes a rassemblé une septantaine de participants dans les villages de l’entité de Nassogne. Autour du centre culturel, chez des particuliers ou encore à la résidence Mafa, le public a pu découvrir des créations très différentes, mais surtout échanger avec celles et ceux qui les réalisent
Quelques notes suffisent à donner une autre dimension à l’objet. L’épinette jouée par Amaury Dehouck n’a pas été achetée toute faite. Il l’a fabriquée lui-même, du choix du bois jusqu’au réglage des cordes. Pour ce créateur d’instruments, l’intérêt se trouve autant dans le résultat que dans le chemin parcouru pour y arriver.
« C’est le plaisir d’avoir dans les mains un instrument qu’on a fait soi-même, dont on a connu la genèse et la fabrication, qu’on a pu contrôler du début jusqu’à la fin », explique Amaury Dehouck
Dans la même salle, Raymonde présente ses aquarelles. Ses tableaux naissent souvent d’un coup de cœur, d’un souvenir ou d’une image qu’elle a eu envie de garder. Plus loin, dans un autre bâtiment, Anne-Catherine Grosjean et d’autres citoyennes travaillent avec une matière beaucoup plus inattendue : de la vaisselle cassée, récupérée auprès des habitants, puis transformée en mosaïques destinées à décorer les villages.
« On récupère des assiettes de tous les habitants. On les coupe, on les casse, on fait des petits morceaux et ça devient vraiment de la mosaïque », détaille Anne-Catherine Grosjean
Tous les deux ans, le Parcours d’Artistes permet à des habitants, des artisans et des artistes de montrer ce qu’ils créent. Peu importe leur niveau, l’envie de partager une démarche, une technique ou une passion avec le public est plus forte que tout.
« On a des gens qui débutent, et puis on a des professionnels également, dans toutes les disciplines possibles et inimaginables. Il n’y a vraiment pas de restriction à ce niveau-là », souligne Élodie Bosendorf, du Centre culturel de Nassogne
Pour les visiteurs, l’intérêt ne se limite pas aux œuvres exposées. Le contact direct avec les créateurs permet souvent de mieux comprendre le temps passé, les matières utilisées et les difficultés derrière chaque réalisation. Certains viennent par curiosité, d’autres repartent avec un coup de cœur, parfois même avec une œuvre.
« Le fait de parler aux artisans directement, je comprends mieux ce qu’ils réalisent », témoigne un visiteur. « On prend aussi conscience de la difficulté et de la recherche de la matière première», dit un autre
Au total, le Parcours d’Artistes a rassemblé une septantaine de participants dans plusieurs villages de l’entité.