En 2025, selon l'Observatoire européen de l’audiovisuel, les salles de cinéma belges enregistrent une baisse de fréquentation de 12 %. Les salles indépendantes s’en sortent mieux que les grands complexes. Exemples à Habay-la-Vieille et Libramont.

Les gros complexes sont particulièrement affectés par la baisse de fréquentation, là où les cinémas indépendants, grâce à une programmation différente ou au recours au bénévolat, semblent mieux s’en sortir.

À Habay-la-Vieille, le Cinéma Le Foyer, créé en 1955, est une institution et un lieu de rassemblement au cœur du village. La salle peut compter sur plus de 65 bénévoles pour le faire tourner et y insuffler un véritable esprit de famille.

Pour Didier, bénévole depuis plus de 20 ans et membre du conseil d’administration, le fait que le cinéma soit exploité par des bénévoles et non des salariés permet d’éviter les frais liés aux coûts salariaux. Cela permet d’être moins dépendant du nombre de tickets vendus et de maintenir un tarif attractif pour les spectateurs.

Le Foyer organise différents événements tout au long de l’année en plus de la programmation commerciale.

Une stratégie de diversification qu’applique aussi le Cinéma « Le Totem » de Libramont depuis qu’il a été repris par le Centre culturel il y a un an et demi. Le lieu organise régulièrement des évènements en partenariat avec des associations locales.

On peut citer « Elles au cinéma », une après-midi à thème durant laquelle trois films ont été proposés à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Les séances étaient suivies de moments d’échange et de discussions.

Julie Bissot, programmatrice, explique que même s'il continue à proposer une offre commerciale, “Le Totem” peut compter sur la programmation du Centre culturel et le mélange des publics pour élargir son offre.

« Le fait que l’équipe danimation soit la même permet d'insuffler un dynamisme, une vision des choses, un rapport à la population un peu différent. À force de se croiser, on commence à connaître les gens, on peut prendre le temps de discuter, d’être à l’écoute des envies et des désirs, et daffiner la programmation ». Julie Bissot.

 Une stratégie qui semble porter ses fruits pour les cinémas indépendants. Même s'ils ont constaté une baisse de fréquentation en 2025, celle-ci a moins d’impact que dans les grands complexes.

Pauline Finfe et Aurélien Pirotte (st.)