Dimanche matin, une vingtaine de riverains se sont rassemblés le long de la Nationale 4, à proximité de la Tour de la Famenne, pour s’opposer au futur stade porté par le club de Rochefort. Un projet de plus de 8.000 places, accompagné de parkings, d’infrastructures annexes et d’un hôtel

Porté par son président Nicolas Lhoist, le club de football de Rochefort sera peut-être amené, un jour, à disputer ses rencontres à Marche-en-Famenne, le long de la N4, sur le site actuel où on trouve l'ancien karting. A quelques mètres de la Tour de la Famenne...

Mais les riverains ne veulent pas de ce projet. Ils le répètent : leur opposition ne vise pas le sport. Mobilité, nuisances sonores, incivilités les soirs de match, impact sur le bois environnant : les inquiétudes sont multiples. Le parking cristallise particulièrement les tensions, certains habitants redoutant un trafic parasite dans les quartiers et villages voisins. 

« “Ce n’est pas contre le football. Nous ne sommes pas contre le projet ni contre le club. Mais nous craignons pour notre quiétude, pour notre cadre de vie », explique Michel Lecrombs, du collectif Calme-en-Famenne

La réponse du bureau d’architectes : méthode et adaptation

Face à ces critiques, l’architecte Cyril Rousseaux, de Carre7 (La Louvière), qui représente ici les intérêts du club,  insiste sur la procédure en cours. « Nous avons désigné un bureau d’études d’incidence totalement indépendant, agréé par la Région wallonne. Ce sont eux qui nous imposent leurs remarques. Il y a un chapitre mobilité, un chapitre bruit, un volet écologique… et nous adapterons le projet en fonction de leurs conclusions. »

Autre point sensible : la disparition d’arbres

"Pour réaliser l'un des parkings, des arbres seront abattus", explique une riveraine. Mais le projet prévoit des compensations, avec des terrains à reboiser via la Ville ou le SPW. « La zone que nous allons utiliser est déjà partiellement déboisée chaque année et replantée. Ce qui sera déboisé sera replanté ailleurs dans la région. La zone forestière sera compensée », précise Cyril Rousseaux.

Bruit et distance

Les riverains du Clos Saint-Martin, situés à environ 600 mètres du site, s’inquiètent des nuisances sonores. L’architecte nuance : « Au stade de Charleroi, au-delà de 300 mètres, il n’y avait plus de nuisances sonores. Ici, on parle de 600 mètres, avec une zone boisée entre les deux. » Il rappelle aussi que le secteur est classé en zone de loisirs au plan de secteur.

Mobilité : police et stewards

Concernant les flux les soirs de match, le bureau d’architectes assure travailler avec les zones de police. « Des arrêtés de circulation sont déjà à l’étude. Le club mettra des stewards. À la RAAL (LA Louvière), il y a eu quelques soucis au début, mais après quelques matchs, la situation était maîtrisée. »

Les retombées économiques annoncées

Le projet se veut aussi structurant économiquement. « On parle d’au minimum 80 emplois équivalent temps plein directs. Mais en réalité, ce sont 200 à 300 emplois sur des périodes différentes : traiteurs, brasseurs, étudiants, blanchisseries, fournisseurs… » Selon le promoteur, l’objectif est de créer un stade “moderne”, capable d’attirer des sponsors et d’offrir une expérience événementielle inédite en Belgique.

Et maintenant ? Un premier retour de l’étude d’incidence est attendu fin mars. Le dépôt du permis reste envisagé pour fin juin, sauf si l’étude impose des adaptations supplémentaires. La commune de Marche-en-Famenne suit le dossier. À ce stade, elle ne se prononce pas publiquement, la procédure étant toujours en phase d’étude. Le stade n’est pas encore construit. Mais le débat, lui, s’installe durablement dans le paysage famennois.