Samedi après-midi, cinq mineurs ont cassé le matériel présent dans leur chambre à l'IPPJ de Saint-Hubert. L'un d'eux a brisé le plexiglas et passé sa main pour ouvrir sa cellule ainsi que celles de ses congénères pour en découdre. De nouveaux dégâts ont été commis ce dimanche.

Deux blessés parmi les mineurs et trois parmi les éducateurs : l'un à l'épaule, un autre qui a subi des coups aux visages souffre d'une déchirure au biceps et le troisième a un doigt déboîté. Voilà pour le bilan de l'altercation de samedi.

Ce dimanche néanmoins, la tension n'est pas redescendue. Les forces de l'ordre ont été rappelées pour calmer les ardeurs. L'insécurité du personnel est grandissante.

"C'est pas terminé. Les jeunes sont bien au clair sur le fait qu'ils ont réussi à avoir du personnel, et ils vont continuer. Ils ont dit qu'ils avaient eu les plus forts et ils vont maintenant s'attaquer aux autres. On n'a plus aucun pouvoir".

Un cadre à revoir

Un personnel démuni face au manque de moyens et aux normes de sécurité défaillantes. 

"Vous vous rendez compte qu'ici, on ne ferme plus les portes", explique Pierre Boulanger, secrétaire permanent pour la CSC Services Publics. "Cela pose un énorme problème de sécurité".

Un problème qui a facilité l'altercation de samedi. Mais pour les syndicats, l'institution est tout bonnement surchargée.

"Le site ici est là pour évaluer et faire un dossier d'orientation à soumettre au juge", expose Didier Cornet, secrétaire permanent SLFP. "Le juge reprend ensuite une décision de placement, soit en milieu ouvert ou par exemple en régime fermé en IPPJ. Mais souvent, comme la délinquance est plus importante, les rapports vont vers un placement en IPPJ. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de place. Il y a donc des jeunes qui, au lieu d'être là un mois ou deux maximum avec renouvèlement, se retrouvent là trois ou quatre mois. Sans oublier les récidivistes qui repartent, font des infractions et reviennent encore ici à Saint-Hubert".

L'administration est descendue ce dimanche matin pour tenter d'endiguer cette situation de crise.

"On a une direction qui s'en est allée", constate Valérie Devis, administratrice générale de l'aide à la jeunesse. "On doit re-sécuriser l'équipe de direction et toute l'équipe dans son ensemble pour se souder autour du projet éducatif de l'institution. Mais dans un premier temps, il va effectivement falloir sécuriser les effectifs".

Ces incidents interviennent dans un contexte tendu depuis plusieurs mois et après de récentes déclarations de la Ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés) qui a laissé entendre que l'IPPJ (Institution Publique de Protection de la Jeunesse) de Saint-Hubert serait transférée dans une autre implantation en Fédération Wallonie Bruxelles d'ici trois ans. Le site pourrait alors trouver une autre affectation dans l'Aide à la jeunesse. En attendant, quatre équivalents temps-plein (éducateurs, formateur et psychologue) seront engagés à Saint-Hubert dans le cadre du plan quinquennal global des IPPJ.