Bien qu'interdit, le nourrissage des chats errants se pratique encore souvent de manière anarchique.
La commune de Chiny prend le problème par l’autre bout et choisit de l'autoriser, mais de manière encadrée. Elle vient d'installer des cabanes à chats, placées sous la surveillance de marraines et parrains. 

A peine descendu de voiture, on l'aperçoit à quelques mètres. "Ah celui-là ?!", nous lance un voisin, "c'est un errant. Vous pouvez essayer, mais il ne se laissera pas approcher".  L'animal est un de ces nombreux chats des rues qui ces dernières années ont quelque peu empoisonné ce quartier de Prouvy (Chiny). "On en a capturé vingt-cinq environ, rien que l'année passée, et l'année d'avant". 

Statistiquement dit-on, un seul couple de chats suffit à engendrer en quatre ans, 25.000 descendants. Raison pour laquelle se sont intensifiées les campagnes de stérilisation, mais aussi de rappel à l’interdiction de nourrissage sauvage. 

Maisonnettes et nourriture pour chats errants

A Chiny pourtant, les chats errants viennent de se voir offrir ces maisonnettes. Dix cabanes, installées par la commune, là où les colonies sont les plus nombreuses… 

"Même s'ils sont errants et un brin sauvage, on s'inscrit dans le cadre du bien-être animal", avance l'échevine Vovo Kambu.

Outre le gîte, les chats errants de Chiny y reçoivent aussi leur ration quotidienne : des croquettes achetées non par la commune, mais bien par des habitants eux-mêmes. Des citoyens sensibles à la cause, qui ont accepté de devenir parrains et marraines des cabanes à chats de leur quartier. 

"Je viens ici une voire deux fois par jour. J'ai moi-même deux chats. J'ai grandi avec des chats et des chiens et ça me touche de les voir comme ça dehors."
Lucie Daralas, marraine d'un cabane à chats à Prouvy
"On doit en prendre soin et surveiller les maisonnettes. La commune nous demande aussi de la prévenir si on aperçoit un chat blessé ou non castré (généralement, les vétérinaires pratiquent une petite incision, visible sur l'oreille, ndlr)
Sandy Varela, marraine d'une cabane à chats à Les Bulles

Nourrissage encadré : une première en Luxembourg

Le nourrissage -encadré- des chats errants, est une première en Luxembourg.
Le partenariat entre la ville de Chiny et les parrains et marraines fait l’objet d’une convention renouvelable tous les trois ans. 

En dehors de celle-ci, le nourrissage sauvage reste interdit.

"Ça nous permet de baliser le nourrissage et d'identifier plus facilement les nouvelles colonies de chats. On peut travailler plus efficacement avec la SPA"
Sandy Raskin, référente communale du bien-être animal

En s’appuyant sur ces relais citoyens, la commune de Chiny espère ainsi surveiller et contenir la prolifération des chats errants. L’initiative est saluée par la SRPA. 

"Oui c'est une première, et on espère qu'il y en aura d'autres. Ça nous aide vraiment dans notre travail. On peut repérer plus facilement les chats blessés, malades, ou non pucés"
Franck Istat, responsable de la SRPA d'Arlon

Aux opérations one-shot de capture-stérilisation, Chiny explore donc une autre voie, encadrée, ciblée, et étalée dans le temps, dont on mesurera l’impact sur les populations, statistiquement, dans quatre ans.