A Marbehan, le fabricant de produits chimiques Lambiotte va investir plus de quatre millions d’euros dans des nouveaux hall de stockage et quais de chargement. Elle veut ainsi répondre aux demandes des industriels dans les domaines des solvants et décapants, qui depuis cinq ans préfèrent pour les petits conditionnements aux citernes.
Depuis 160 ans, elle fait partie du paysage marbehanais.
La scierie des débuts, devenue fabricant de produits chimiques issus de la transformation du bois, est aujourd’hui devenue cette entreprise, d’une quarantaine de salariés, hyper spécialisée dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits de niches pour l’industrie.
“Je travaille sur une nouvelle molécule qui n’est pas encore enregistrée.
En mélangeant des matières premières, je fais une réaction, puis une distillation, pour la purifier à 99%”
Nathalie Castiglioni, technicienne laboratoire R&D Lambiotte et compagnie SA
De la recherche à la production à grande échelle
A ce jour, Lambiotte met sur le marché une gamme de dix produits de la famille des acétals. “On a seulement deux pourcents de nos ventes qui restent en Belgique. Les trois cinquièmes sont distribués en Europe et deux cinquièmes sont vendus ailleurs partout dans le monde”, nous précise Haluk Torun Administrateur délégué Lambiotte et compagnie SA
“Deux cinquièmes de notre production sont vendus à des industriels partout dans le monde”
Haluk Torun Administrateur délégué Lambiotte et compagnie SA
L’usine travaille au départ de matières premières réceptionnées dans des grandes cuves déménagées vers l’arrière du site..
Les liquides de base sont mélangés selon les attentes et purifiés dans d’immenses distillateurs.
Après quelques heures, chauffé à hautes températures, le produit final peut être conditionné. L’opération est délicate : elle doit garantir la pureté. Le remplissage des fûts se fait sous azote en atmosphère protégée.
"Une fois les fûts remplis, j’ai dix secondes pour les refermer.
Après ça, le produit s’altère au contact de l’humidité de l’air”
Frank Lallouette, contremaître conditionnement Lambiotte et compagnie SA
En cinq ans, les courbes de vente citerne/fûts se sont inversées
Si les volumes globaux sont restés identiques, l’usine observe depuis cinq ans, une inversion des courbes sur le type de conditionnement. Les clients privilégient désormais les fûts, au détriment des camions citernes.
Le changement a un impact en termes logistique.
L’usine Lambiotte va devoir s’agrandir, d’un nouveau hall de stockage et de quais de chargement.
L’adaptation est vitale, mais elle est facilitée par la structure même de la société.
"La force de l’entreprise ? C'est d'être restée une PME familiale belge"
Haluk Torun Administrateur délégué Lambiotte et compagnie SA
Lambiotte continue d’investir dans les outils qui permettent d’avoir énormément de souplesse pour répondre aux demandes des clients.
Le nouvel investissement dépasse les quatre millions d’euros. La demande de permis suit son cours. Elle est accompagnée de mesures environnementales supplémentaires.
Des normes vues d’ici en Europe, comme indispensables, mais qui au niveau de la concurrence mondiale tendent à fragiliser cette PME locale.