Verres anciens, plaques publicitaires, bouteilles, timbres et objets de brasserie : le musée minier de Musson accueille jusqu’au 1er novembre une partie de l’impressionnante collection d’Henri Schweisthal. Cet Arlonais rassemble depuis une trentaine d’années des pièces consacrées à Orval
À première vue, ces deux anciennes plaques publicitaires pourraient sembler presque identiques. La première date de 1935, la seconde de 1957. Pour Henri Schweisthal, elles témoignent notamment de la continuité de l’identité visuelle de la célèbre bière trappiste d'Orval. Mais l’une d’elles possède aussi une valeur sentimentale particulière.
« Cette plaque me tient fort à cœur parce qu’elle est de 1957. C’est l’année de ma naissance », explique-t-il en présentant les deux objets
Ces pièces ne représentent qu’une infime partie des quelque 500 à 600 objets qu’il a réunis au fil des décennies. Photographe aujourd’hui retraité, cet Arlonais a développé son intérêt pour Orval à travers ses visites à l’abbaye, où il a également effectué des retraites.
Sa collection a ensuite pris une tout autre dimension avec l’arrivée des plateformes de vente sur Internet.
« Je collectionne depuis une trentaine d’années, mais ma passion s’est fortement développée avec l’apparition d’eBay, qu’un ami m’avait conseillé, et là je suis devenu fou », raconte-t-il
Des pièces rares et des objets parfois méconnus
À l’époque, les objets étaient encore relativement abordables. Aujourd’hui, selon lui, certaines pièces peuvent coûter jusqu’à dix fois plus cher. L’exposition temporaire organisée au musée minier de Musson permet de découvrir une partie de cet ensemble. Parmi les curiosités figure notamment le couvercle d’un ancien tonneau de bière. Une pièce qui rappelle une époque où la production et le conditionnement ne s’effectuaient pas nécessairement au même endroit. Ce couvercle provient d’un ancien café de Villers-devant-Orval, où il était autrefois accroché au mur. Henri Schweisthal possède également un tonneau complet, conservé chez lui.
« Au départ, la brasserie n’embouteillait pas elle-même la bière. Ils brassaient à Orval, mais ils embouteillaient à Bruxelles et transportaient la bière dans ces fûts de chêne », précise le collectionneur
Une collection qui suscite l’intérêt des passionnés
Parmi les premiers visiteurs figurent plusieurs amateurs et collectionneurs d’objets liés à Orval. Pour eux, cette présentation constitue une occasion de découvrir des pièces rarement accessibles au public, dont certaines sont particulièrement recherchées.
« En tant que collectionneur Orval, on est ravi d’être ici et de voir tous ces objets qu’on a connus ou pas connus », témoigne l’un des visiteurs
Un musée dédié à Orval à Jamoigne
Cette présentation à Musson constitue également un avant-goût d’un projet bien plus important. Après plusieurs années de démarches et plusieurs rebondissements administratifs, Henri Schweisthal vient d’obtenir les autorisations nécessaires pour transformer l’ancienne chapelle de l’école des sœurs, à Jamoigne, en un musée consacré à l’univers d’Orval. Le bâtiment devrait offrir une superficie d’environ 350 mètres carrés, avec un espace de consommation au rez-de-chaussée et une salle d’exposition à l’étage. L’investissement annoncé devrait dépasser le million d’euros.
L’objectif est d’y réunir une grande partie de sa collection, y compris les principales pièces actuellement présentées à Musson. Le futur établissement, porté par l’ASBL La Maison des verres d’Orval, devrait ainsi proposer une découverte complémentaire à celle du site de l’abbaye.
« C’est la concrétisation d’un rêve. Maintenant, je suis pensionné et j’ai tout le temps à m’occuper pour ce sujet-là », confie Henri Schweisthal
En attendant l’ouverture du futur musée à Jamoigne, les amateurs de patrimoine et les curieux peuvent donc découvrir une partie de cette collection au musée minier de Musson, jusqu’au dimanche 1er novembre 2026.