À la Ferme Loneux, à Tohogne, près de Durbuy,  les vaches ne produisent pas seulement du lait. Elles fournissent aussi… de l’énergie.  Le lisier est récupéré et envoyé dans un méthaniseur. Objectif : produire du biogaz, qui sera ensuite transformé en énergie.

À Tohogne (Durbuy), dans cette étable de la ferme de Pierre et Laurent Loneux, le lisier des vaches laitières est ramassé plusieurs fois par jour par une racleuse.

« Elle nettoie le couloir d'alimentation donc toutes les heures et demie, pour que les vaches soient toujours sur un sol propre. Et on racle les déjections des vaches, qui sont stockées dans une citerne avant de partir dans la station de biogaz » explique Laurent Loneux, agriculteur.

Le lisier est ensuite envoyé vers une énorme cuve. À l'intérieur, il fermente. Cette digestion engendre naturellement du gaz qui, consommé directement, produit de la chaleur et de l'électricité, utilisés essentiellement pour les installations de la ferme (y compris le fonctionnement du méthaniseur).

« C'est l'idéal ! Ça fait le courant, ça fait le job, et on le voit sur la facture d'électricité. L'investissement doit encore être payé, mais ça se tient »
Pierre Loneux, agriculteur

L'investissement permet à la ferme de s'inscrire dans un cercle vertueux tout en la rendant autonome en énergie.

« On utilise le lisier des vaches pour faire du gaz, qui fait de l'électricité pour faire tourner sur la ferme les robots de traite, les ventilateurs, tout ce qui est électrique. Et une fois qu'on a extrait le gaz du lisier, le digestat est remis sur les champs pour faire de la nourriture pour les vaches » explique Laurent Loneux.

Une énergie renouvelable moins intermittente que l'éolien et le solaire

La boucle est ainsi bouclée et l'électricité inutilisée par l'exploitation est renvoyée sur le réseau électrique. Un mode de production qui reste marginal en Belgique mais qui intéresse la plate-forme Bolt qui revend l'électricité excédentaire de la Ferme Loneux.

Spécialisé dans l'énergie locale et renouvelable, elle y voit également une manière de diversifier son portefeuille énergétique.

« Les clients peuvent choisir le biogaz ou le solaire, c'est leur choix. Mais du point de vue de Bolt, c'est intéressant d'avoir un mélange de différentes sources renouvelables. Parce que quand il n'y a pas de vent, pas de soleil, il n'y a pas d'électricité produite. Et les installations de biogaz, en général, elles produisent tout le temps » explique Pieterjan Verhaeghen, CEO et fondateur de Bolt.

Souvent pointées du doigt, les émanations de méthane du bétail sont également valorisées, réduisant leur impact sur l'effet de serre. 

À la ferme Loneux, le biogaz produit permet d'alimenter l'équivalent de 65 ménages. En province de Luxembourg, d'autres exploitations ont fait le choix de ce mode de production, dont la gestion est de plus en plus accessible grâce aux nouvelles technologies.