Journée de mobilisation syndicale ce lundi 12 octobre en faveur des services publics. Mais alors que la CGSP a manifesté à Marche, la CSC a préféré sensibiliser à Arlon. L'objectif reste néanmoins commun : défendre un service public fort, particulièrement en zone rurale.

Un cortège rouge d'une petite centaine de membres de la CGSP a déambulé ce lundi matin dans les rues de Marche-en-Famenne pour défendre le maintien de services publics de qualité.

Ce lundi, SNCB, Poste, Vivalia ou TEC sont notamment représentés pour faire entendre leur voix. Carrière allongées, pensions réduites, statut sous pression, économies, flexibilité accrue... les motifs d'insatisfaction ou d'inquiétudes sont nombreux. 

" Quand on entend les propos de certains ministres qui disent qu'il y a trop de fonctionnaires, c'est un peu facile. Si on prend le Covid, on était content d'avoir les infirmiers, les médecins, les aides-soignantes. Cet été, encore avec les incendies, on avait besoin des pompiers. Quand on a besoin aussi des policiers, c'est encore le service public. C'est important et pourtant c'est toujours la variable d'ajustement".
Pascal Forget, Secrétaire régional intersectoriel CGSP

Le cortège ne bloque pas les citoyens mais fait arrêt devant quelques administrations. L'occasion de s'entretenir avec des travailleurs inquiets pour leur avenir et celui du service, comme ceux de la Poste.

"Avec le nouveau contrat de gestion, on n'est pas sûr qu'on gardera un bureau de poste par commune. Ce qui veut dire que pour nos concitoyens, ça va faire des déplacements astronomiques pour pouvoir avoir encore un service digne de ce nom dans les guichets postaux" explique Emmanuel Despat, secrétaire régional CGSP Poste en Luxembourg. 

La CSC services publics n'avait pas appelé à la grève

"Avoir des services publics forts et de qualité, ça permet de lutter contre les inégalités sociales, contre la précarité et ça crée de la cohésion sociale et du bien-être ensemble" Xavier Lorent, secrétaire national CSC Service publics

À Arlon, le syndicat chrétien a choisi de faire une petite action de mobilisation place Léopold.  La CSC Services publics n'avait pas appelé à la grève, son secrétaire national, Xavier Lorent nous explique pourquoi : "Notre comité national a soulevé plusieurs éléments, à savoir qu'il ne faut pas épuiser nos troupes sur un combat qui risque d'être encore de longue haleine. En plus, il y avait toute l'action interprofessionnelle du 9 octobre qui a déjà pas mal mobilisé les troupes. Il y avait aussi dimanche la manifestation pour le climat à laquelle nous étions associés. Ça allait faire beaucoup de mobilisation d'un coup et s'il subsiste des mesures indigestes après les différents budgets, il serait alors compliqué de solliciter les personnes pour faire des actions encore plus dures. On a plutôt opté pour des mesures plus graduelles, avec une sensibilisation, comme ici. Pour aussi essayer d'avoir des actions positives parce que dans les services publics, quand nous faisons des actions de grève, ce sont les citoyens que nous impactons et généralement les plus précaires".

Dans un manifeste adressé par la CSC Luxembourg aux élus, le syndicat défend notamment l'accès à une mobilité pour tous. "Une province de 286.000 habitants ne peut dépendre principalement des transports scolaires pour assurer la mobilité quotidienne de sa population" écrit le syndicat qui pointe des zones "sinistrées" de la province :  "Quand on regarde la région de Bouillon-Paliseul, ou la région de Vielsalm, de Forenville, on se rend compte qu'il y a très très peu de transports en commun" comment Dominique Wilkin, secrétaire régional de la CSC Services publics.

Les zones rurales ont besoin de services plus performants et non l'inverse, estime la CSC, qui invite le public à signer une pétition pour les soutenir.