A Bastogne, Serviplast fête cette année ses 50 ans d'existence. D'atelier protégé à entreprise de travail adaptée, la société a connu de nombreuses évolutions. Aujourd'hui , elle doit composer avec une double exigence : rester compétitive tout en poursuivant sa mission première : mettre au travail les personnes en situation de handicap.
Chez Serviplast, Dominique fait presque partie des meubles. Depuis 37 ans, il travaille au sein de l’entreprise bastognarde. A son poste, il reproduit des gestes qu’il connaît par cœur. “Je suis en train de conditionner des pochettes de silicone. C’est assez simple”, confie Dominique. “Cela fait 37 ans que je suis ici, 37 ans de découverte”.
Comme lui, ils sont nombreux à avoir construit une partie de leur parcours professionnel au sein de cette entreprise de travail adapté. Serviplast emploie aujourd’hui quelque 160 personnes. 70 % d’entre elles sont en situation de handicap.
“Dans une autre entreprise, je ne suis pas certain que j’aurais pu continuer à travailler à mon âge, au vu de mes problèmes de santé”, estime Philippe. “Je sais que je dois bien faire mon travail, mais je le fais à mon rythme et je n’ai pas de pression de production”. “J’ai été victime d’un accident”, confie pour sa part Ariane. “J’ai toujours voulu continuer à travailler et c’est possible grâce à une entreprise comme celle-ci. Ça me rassure et je suis très fière de travailler ici”.
"La nature des handicaps a changé"
À sa création en 1976, sous le nom d’Atelier protégé de la Cerdogne, l’objectif était avant tout occupationnel. Cinq décennies plus tard, la société a profondément évolué. Active dans les secteurs de l’industrie, de la construction et des services, l’entreprise de travail adapté doit répondre aujourd’hui à des impératifs économiques, en tenant compte des réalités et de l’évolution des profils de handicap de ses travailleurs.
“Il y a 20- 30 ans, 80% des travailleurs des ETA (Entreprises de travail adapté) étaient porteurs d’un handicap de naissance. Aujourd’hui, 80 % des travailleurs sont porteurs d’un handicap lié à leur parcours de vie ou à leur parcours professionnel”, explique Joseph Annet, directeur de Serviplast. “La nature des handicaps a changé. Cela nécessite de nous adapter par rapport à notre mission”
Continuer à concilier dynamisme économique et mission sociale, c’est tout l’enjeu des prochaines années pour Serviplast. Un équilibre que doivent également trouver les six autres entreprises de travail adapté que compte la province de Luxembourg.