Le nouveau Plan Loup wallon veut renforcer l’accompagnement des éleveurs confrontés au retour du prédateur. Lors du débat de TV Lux, en exclusivité, la ministre Dalcq a annoncé plusieurs nouvelles orientations de ce Plan Loup, attendu pour la fin de l’année.
Renforcer les moyens de protection
Parmi les mesures annoncées : un soutien financier pour l’acquisition de chiens de protection des troupeaux, à hauteur de 370 euros par chiot acheté à partir de 30 moutons. “La prise en charge de l’entretien de ces gros chiens (achat de croquettes, soins vétérinaires, etc.) est sur la table aussi”, ajoute la ministre de l'agriculture et de la nature.
Et pour les bovins, la ministre propose le financement de parcs à veaux “car il y a peu de risques d’attaques sur les animaux adultes”, affirme-t-elle.
Jusqu’ici, les dispositifs de protection durable étaient principalement soutenus dans les Zones de Présence Permanente du loup (ZPP). Le nouveau plan entend désormais renforcer les aides en dehors de ces zones.
Les moyens humains de Natagriwal devraient être renforcés. Le rôle de Natagriwal devrait par ailleurs être renforcé. La mission de l’organisme est de donner des conseils pour la protection des troupeaux, de faire des analyses de risques sur le terrain, de prêter du matériel mobile, gérer les stocks, etc. En ce moment, les demandes affluent. Or, aujourd’hui, Natagriwal ne compte qu’un équivalent temps plein.
Aides pour l'entretien des clôtures
Si des subsides existent déjà pour protéger les troupeaux grâce à des clôtures, le nouveau Plan Loup prévoit par ailleurs une aide destinée à l’entretien des clôtures.
"C’est plus que nécessaire, affirme Sophie Deger, éleveuse en Forêt de Saint-Hubert. Pour faire pâturer nos moutons en forêt, on a installé des clôtures avec un très haut voltage électrique. Ça fonctionne, mais ça représente environ 10 jours de travail en plus sur l’année - rien que pour débroussailler, une de nos principales prairies. Quel métier est capable de dire OK pour le même salaire, je prends encore en plus 10 jours de travail non-rémunéré ?”
La ministre confirme cette volonté, mais qui doit encore être concertée : "On a mis une somme sur la table. Le retour vers les éleveurs déterminera si la somme est suffisante. Est-ce qu’on oblige de passer par un entrepreneur ou est-ce que l’éleveur décide de prendre l’argent et de faire le travail lui-même, c’est à décider en concertation avec le terrain."
Une procédure d'indemnisation accélérée
Autre évolution importante : la procédure d’indemnisation après une attaque devrait être revue. Aujourd’hui, l’analyse génétique joue un rôle central dans l’établissement de la responsabilité du loup. À l’avenir, le patron (le déroulement) de l’attaque et les constatations de terrain pourraient également être pris en compte afin d’accélérer la procédure d’indemnisation. “L’intention c’est d’aller beaucoup plus vite”, soutient Anne-Catherine Dalcq.
Plus d'attention au suivi psychologique
Le nouveau Plan Loup prévoit également un volet consacré aux éleveurs eux-mêmes. Un accompagnement psychologique devrait être proposé aux personnes confrontées à des attaques, alors que celles-ci peuvent représenter une source importante de stress et de découragement. Cette dimension avait déjà été identifiée comme un enjeu dans les travaux préparatoires du futur plan.
Agir contre les loups problématiques
Enfin, comme annoncé au Parlement wallon mercredi dernier, le futur dispositif prévoit de nouvelles possibilités d'intervention face à un loup considéré comme problématique, avec notamment le recours à des tirs d’effarouchement et, dans certaines situations, à des tirs létaux.
Reste une question importante : qui sera concrètement chargé de pratiquer ces tirs et selon quelles modalités ? Interrogée sur ce point lors du débat, la ministre n’a pas apporté de réponse précise.
“On a un cadre européen qui nous restreint pour agir contre le loup, qui est un animal protégé, nous attendons donc de voir ce que l’autorité nous permet. Mais il y a des agents de l'administration qui sont sur le terrain et qui pourraient réaliser ces tirs."
Des colliers dissuasifs
Un dispositif pour empêcher le loup d'approcher le troupeau est aussi à l'étude par l'équipe de la ministre. "Les loups sont attrapés, endormis pour leur mettre collier. S'ils s'approchent des clôtures, ils le sentent et font demi-tour. C'est quelque chose qui a déjà été testé dans d'autres pays européens . On va voir la faisabilité en Wallonie."