Politique

La Roche : trop de dépenses au budget communal 2024 ?

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 Publié le vendredi 12 janvier 2024 à 17:31 - Mis à jour le vendredi 12 janvier 2024 à 18:28    La Roche-en-Ardenne

Pas de verre de l'amitié en ce début d'année pour les habitants de La Roche. La commune a purement et simplement annulé l'événement faute... de bugdet ! Celui-ci fait l'objet d'un blocage émanant de deux conseillères de la majorité, qui remettent en cause les dépenses consenties pour l'année 2024. 


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De dépenses... "facultatives", voilà de quoi serait composé le budget communal 2024, selon deux conseillères communales de la majorité rochoise. Nathalie Antoine et Manon Dubois pointent de fortes augmentations, qui n'auraient pas lieu d'être.

"Je pense notamment aux repas du personnel qui étaient prévus initialement, et qui augmentaient de plus de 15.000 euros cette année", explique Manon Dubois. "On peut le faire, je pense, en modérant les coûts. En 2022, le coût du bulletin communal était également de 33.000 euros, ce qui est raisonnable, et on le budgétise à 48.000 euros pour l'année 2024".

Ces augmentations sont "anecdotiques" aux yeux du bourgmestre Guy Gilloteaux. Chaque bulletin communal par exemple ne coûte en réalité que 50 centimes par habitant. Mais, sur le fond, en quoi les augmentations annoncées en 2024 sont-elles justifiées ? 

"Je ne les justifie pas, je pense qu'il y a probablement une volonté de trouver des défauts, et ça c'est assez décevant", répond le bourgmestre. "Quand on dit "facultatif", il faut reprendre également la réparation à l'extraordinaire de ponts suite aux inondations. On a le projet de réfection de routes, de poser des lisses le long des routes pour la protection de la population. Tous ces éléments-là, il faut alors les considérer comme étant facultatifs".

Trop de projets ?

Des éléments sur lesquels la commune ne pourrait avancer au vu du blocage en cours comme la rénovation du quai de l'Ourthe. Mais selon les deux conseillères, la majorité aurait vu beaucoup trop large en inscrivant autant de projets au budget extraordinaire, soit les investissements à réaliser dans les prochaines années. 

"On vient et on continue à avoir des projets de grande envergure qui ont lieu sur la commune, je pense notamment à la rénovation du complexe sportif qui se termine", cite Manon Dubois. "Quels vont être les coûts réels de ces projets in fine avant de recharger la barque avec d'autres ?"

Du côté du bourgmestre, il n'y aurait cependant pas d'inquiétude à avoir. "Notre investissement, cette année-ci, il est important, mais c'est un peu lié à la ligne du temps. Ce sont des projets qui ont été entamés il y a six ou sept ans, et ils se sont accumulés avec les réparations suite aux inondations. Mais pendant cette période, nous avons également provisionné. Nous en avons une de 550.000 euros pour faire face à une mauvaise année pour la piscine".

Budget bloqué, campagne électorale lancée ?

Les conseillères dissidentes estiment que la commune ferait mieux de s'intéresser à son parc immobilier, notamment à la vente de l'ancien musée des grès. Le bâtiment étant désormais peu fréquenté, mais dont il faut toujours couvrir les frais.

Ces arguments cachent-ils néanmoins une stratégie électorale, sachant que les deux conseillères changeront de liste en octobre prochain ? 

"Je peux comprendre qu'on dise que je retourne ma veste", répond Manon Dubois. "Maintenant, ce que je tiens à dire, c'est que c'est la première année, sur ce mandat-ci, que notre directrice financière remet une note de deux pages avec autant de remarques et un avis qui se clôture en disant qu'il faut sérieusement envisager des mesures structurelles. On a le sentiment qu'ils n'ont pas pris ça en compte".

"Depuis plusieurs années déjà, le budget fait l'objet d'un avis positif de la directrice financière, ici avec remarques certes, mais positif", rétorque le bourgmestre. 

Interprétation différente qui ne règle pas la question du blocage. En attendant, un douzième du budget 2023, douzième provisoire comme on l'appelle, a été voté pour assurer le fonctionnement général de la commune. Mais il a ses limites puisqu'il doit être renouvelé tous les mois, et réduit drastiquement les dépenses.

Pas de budget, pas de projet...


Nicolas Lefèvre