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Grève à la prison de Marche suite à l'agression d'un gardien

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 Publié le mardi 14 mai 2024 à 15:45 - Mis à jour le mardi 14 mai 2024 à 16:18    Marche-en-Famenne

Action syndicale ce mardi devant la prison de Marche-en-Famenne. Une bonne partie du personnel s'est mise en grève jusqu'à 15h pour dénoncer l'agression d'un agent pénitentiaire par un détenu. Une agression considérée comme une conséquence répétée de la surpopulation carcérale. 


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C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : l'agression d'un agent pénitentiaire à l'arme blanche. L'agent s'en est sorti, mais a tout de même été blessé au menton. Une tentative de meurtre pour les syndicats qui, au vu de la gravité des faits, se sont rassemblés en front commun.

"Le détenu qui a agressé l'agent est un ancien annexé", confie Grégory Wallez, secrétaire général CGSP-Ministères. "Il est stabilisé, mais ça reste aussi un problème ! On a des détenus dans les établissements qui ne doivent pas s'y trouver et qui, pour nous, sont des patients plutôt que des détenus. Ce genre d'incident, malheureusement, arrive trop fréquemment".

Plus de travail, pas assez d'agents

Certains détenus n'auraient donc pas leur place en prison, mais aggravent pourtant le problème de la surpopulation. Les syndicats pointent également le manque d'agents au sein des établissements pénitentiaires, transformant ceux-ci en véritables poudrières.

"Tout est fait pour que ça explose !", déclare Claudine Coupienne, secrétaire permanente justice CSC. "Puisque quand il y a beaucoup plus de travail et moins d'agents, les détenus ne se sentent pas écoutés et deviennent de plus en plus nerveux. Les agents sont frustrés de ne pas faire leur job correctement et, résultat, on a beaucoup plus d'incidents et d'agressions".

Quid des maisons de détention ?

Les syndicats plaident pour la création de maisons de détention pour les condamnés à des peines de moins de trois ans de prison. Un projet initié fin 2021 par l'ancien ministre de la justice, Vincent Van Quickenborne, pour faciliter la réinsertion des délinquants qui ne représentent a priori pas de danger sécuritaire. Mais aujourd'hui, il n'y a guère d'avancée. À Chanly par exemple, dans la commune de Wellin, le projet a capoté face à la pression populaire.

"Il fallait compter 16 à 20 maisons, et on est descendu à plus ou moins 10", regrette Dimitri Cornu, permanent francophone pour la SLFP. "Mais le ministre a voulu lancer ce projet en ayant aucune maison ! Deux ans et demi après, il y a une maison de détention à Courtrai et à l'ancienne prison de Berkendael".

Nettement insuffisant pour les syndicats qui, en l'absence de solution, craignent d'être plus souvent confrontés à des agressions comme celle vécue dernièrement. Ce matin, seulement trois agents pénitentiaires ont pris leur service.


Nicolas Lefèvre