Le Luxembourg surveille la présence du Covid via ses eaux usées

 Publié le mardi 18 mai 2021 à 14:37 - Mis à jour le mercredi 19 mai 2021 à 12:45    Etranger

C’est une surveillance déjà répandue au Luxembourg : l'analyse des eaux usées, dans les stations d’épuration, pour y détecter les traces de Covid et pouvoir évaluer de manière précoce l’évolution de la circulation du virus dans la population.

Les scientifiques belges travaillent sur des analyses du même type depuis plusieurs mois.  Selon les informations que nous a transmis Sciensano, ce rapport devrait sortir “dans les prochains jours”.  

En attendant, nous nous sommes intéressés à la stratégie employée au Luxembourg et ce depuis le début de la pandémie.  Explications.

Lorsqu’on tire la chasse, les eaux usées passent par les égouts pour ensuite arriver dans les stations d’épuration.  En ce moment, ces eaux usées sont contrôlées et prélevées dès leur entrée dans la station.  Des prélèvements ont lieu dans 13 stations d'épuration du Grand-Duché.  “On estime que les eaux usées de 75% de la population sont ainsi analysés”, explique le Dr Henry-Michel Cauchie, chef du département de microbiologie au LIST, l'institut de recherches et de technologies du Luxembourg.

Dans ces eaux usées, on retrouve des traces de microbes, de bactéries ou de virus, de drogues ou de médicaments.  Mais ce qui intéresse particulièrement les chercheurs luxembourgeois, actuellement, ce sont les traces de coronavirus.

Deux fois par semaine, un échantillon de ces eaux usées est emmené aux laboratoires du LIST, afin d’y rechercher la présence du Covid.

Les eaux usées sont un signal représentatif des personnes infectées dans le pays”, assure la chercheuse au List, Leslie Ogorzaly.  “Au fur et à mesure de la pandémie, on a pu voir que les résultats de nos analyses sur les eaux usées avaient une petite ligne d’avance sur les tests cliniques, permettant ainsi au gouvernement luxembourgeois d’adapter éventuellement sa politique de gestion de la crise covid.

Et en Belgique ?

Même si la Belgique ne communique pas beaucoup sur ce sujet, du côté de Sciensano, on nous assure qu’un “projet national de surveillance du SARS-CoV-2 dans les eaux usées visant la détection précoce de toute évolution sensible de la circulation du virus dans la population” est sur les rails et que “les scientifiques travaillent sur ces analyses depuis plusieurs mois”.

Sciensano nous informe qu’un rapport expliquant leur méthode de travail devrait bientôt être publié.

J. Fohal