Sans son président et son apport financier, quel avenir pour Saint-Hubert?

Sans son président et son apport financier, quel avenir pour Saint-Hubert?
 Publié le lundi 01 fevrier 2021 à 17:01 - Mis à jour le lundi 01 fevrier 2021 à 17:26    Saint-Hubert

Joseph Higny, président de Saint-Hubert depuis 2015, a décidé de ne plus investir dans l'équipe A. Pascal Delaisse, trésorier et figure emblématique du comité, quitte lui aussi le navire.

Samedi après-midi, Joseph Higny annonçait à son comité qu'il faisait un pas de côté par rapport à sa fonction de président du club de football de Saint-Hubert. Cette annonce a eu l'effet d'un petit séisme au sein du football luxembourgeois. Outre son rôle de président, Joseph Higny déliait les cordons de la bourse depuis 5 saisons pour mettre sur pied une équipe des plus compétitives chaque année. D'ailleurs, en début d'exercice, les Borquins figuraient une nouvelle fois parmi les favoris pour accéder à la D3 ACFF. Finalement, l'équipe A va disparaître, c'est désormais une certitude. Cependant, la prise de recul du Verviétois, conjuguée au départ de Pascal Delaisse, trésorier et cheville ouvrière du club, n'est pas pour autant synonyme de disparition du club.

 

Moins d'ambitions, mais une équipe en P2 composée de joueurs locaux

 

Si les ambitions de Saint-Hubert ne seront plus les mêmes, l'actuelle équipe B va désormais prendre la relève, en restant en P2. "Nous avons une équipe en P2 composée de joueurs du cru ainsi que de quelques jeunes, nous allons continuer sur les mêmes bases que la saison dernière, précise Mathieu Peltgen, joueur-entraîneur de Saint-Hubert B. Je continuerai également de travailler avec Pierre Chardome, qui connait le football et qui fait du bon travail. J'espère que ses obligations sur le côté lui permettront tout de même de rester disponible. Quant aux joueurs de l'équipe A, s'ils sont intéressés de nous rejoindre, la porte est grande ouverte. je ne me demande pas mieux. Malgré tout, je ne me fais pas d'illusion, ce sont des garçons qui ont le niveau de la P1, et sans argent, je pense qu'ils iront voir ailleurs. Nous aurons des ambitions moindres, mais je suis convaincu que les habitants de Saint-Hubert seront plus intéressés par un Saint-Hubert-Bras qu'un Saint-Hubert-Raeren en D3 ACFF par exemple. Le comité va devoir se réunir pour définir une ligne de conduite concernant la gestion du club, mais ce n'est pas la fin de Saint-Hubert."

 

Joseph Higny reste le sponsor des équipes de jeunes

 

Outre l'équipe de P2B dirigée par le tandem Peltgen-Chardome, un important vivier de jeunes incarne l'âme de Saint-Hubert. Sous l'impulsion d'Aymerick Lambrechts, le club est passé de 13 à 120 jeunes en l'espace de 8 ans. "Je reste très serein concernant le futur du club, affirme le responsable des jeunes de Saint-Hubert. Fabrice Vincent m'a rejoint l'an dernier pour m'épauler dans mes fonctions, son apport est également bénéfique. Les parents ont confiance en nous, tout va suivre son cours comme avant. Je vais désormais m'atteler à rencontrer les parents durant les prochaines semaines pour répondre à leurs interrogations. Notre objectif pour ces jeunes, est qu'ils intègrent l'équipe première, cela ne va pas changer. Je communique beaucoup avec Mathieu Peltgen, nous allons avancer ensemble dans la même direction. D'autant plus que si le président se retire de l'équipe première, il va continuer à sponsoriser nos équipes de jeunes. C'est une sécurité supplémentaire. Cependant, avec 2 terrains pour 120 jeunes, c'est compliqué au niveau de l'organisation. Surtout au vu des conditions des infrastructures à Arville, ou nous devons nous entraîner sur un demi-terrain éclairé."

 

Un nouveau stade dans les prochaines années, ou une réhabilitation des installations situées à Arville?

 

Si les finances sont saines, les infrastructures de Saint-Hubert sont aujourd'hui la corde sensible du club. La président Higny n'a d'ailleurs pas hésité à critiquer ouvertement les instances communales pour justifier sa prise de recul, pointant du doigt les promesses non-tenues par celles-ci. Néanmoins, Jean-Luc Henneaux, bourgmestre de Saint-Hubert, entend bien clarifier la situation. "Certes, les installations étaient vétustes à Arville, mais nous avons effectué des travaux de mise en conformité de l'électricité et du gaz il y a quelques mois. Le terrain continue cependant à poser problème. La nouvelle semence n'a pas pris, le sable est remonté au-dessus de la terre, sans parler de la présence des taupes. Le problème est connu. Parallèlement à cela, nous avons rentré un dossier en octobre dernier pour un tout nouveau projet de complexe sportif. Nous attendons désormais la réponse des instances compétentes. J'entends également rencontrer Monsieur Lambrechts prochainement, pour lui affirmer notre soutien et discuter avec lui des besoins des équipes de jeunes. Est-ce que le club souhaite un nouveau stade prévu sur les hauteurs, ou plutôt refaire en priorité le site d'Arville? L'argent prévu pour ce projet peut-être investi dans autre chose. La commune veut prouver qu'elle est là pour soutenir le football à Saint-Hubert, comme n'importe quel autre sport. Le travail effectué pour la formation des jeunes est très importante. Je suis convaincu qu'une génération dorée finira par émerger dans le futur."

 

Le comité restant doit désormais se rencontrer dans les prochains jours pour réorganiser la gestion du club. Malgré la situation, le club borquin n'est pas prêt à rendre les armes et semble avoir encore de beaux jours devant lui. Pour rappel, sous Joseph Higny, les Ardennais auront décroché 3 titres, deux avec l'équipe A et un avec l'équipe B, sortant alors Saint-Hubert des méandres de la troisième provinciale.

 

Florent Maron