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Frontaliers Luxembourg, l’association qui vise à mieux prévenir les problématiques frontalières

Frontaliers Luxembourg, l’association qui vise à mieux prévenir les problématiques frontalières
 Publié le mardi 18 juin 2024 à 17:14 - Mis à jour le mardi 18 juin 2024 à 17:21    GDL

Bourse, allocations familiales, télétravail, fiscalité: les problématiques auxquelles sont confrontés les travailleurs frontaliers du fait des incohérences entre législations nationales sont multiples. L’association Frontaliers Luxembourg, officiellement créée le 6 juin dernier et présidée par Georges Gondon, a l’ambition de les résoudre en amont.

 


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“Nous allons travailler les dossiers bien plus en amont”, assure Georges Gondon suite à la création de l’association Frontaliers Luxembourg, officialisée le 6 juin dernier. Cette nouvelle association, dont il est le président, aura pour objectif de “porter la parole d'un peu plus d'Europe et d'un peu plus de cohérence”, explique-t-il, face “à ces législations nationales qui se percutent les unes les autres et ces décisions qui parfois font mal aux travailleurs frontaliers.”

 

De fait, les problèmes d’“incohérence” au milieu desquels se débattent les frontaliers ne manquent pas. “La France, qui est en train de changer son mode d'évaluation du taux de taxation, reporte la loi depuis 2018. La Belgique est coincée avec l'histoire des 34 jours ou l'inversion de la charge de la preuve, puisque c'est au frontalier de démontrer qu'il est bien sur le territoire. Et du côté allemand, vous avez maintenant les heures supplémentaires qui sont désormais taxées en Allemagne pour éviter la double imposition”, cite, entre autres, Georges Gondon.

 

Face à de telles problématiques, il s’agira désormais, grâce à l’association, d’éviter d’arriver “comme des urgentistes”. “C'est tout de même mieux de prévenir”, observe Georges Gondon. Car le constat est le suivant: dans des dossiers comme les bourses, les conventions bilatérales entre les États ou les allocations familiales pour les familles recomposées, le principe a jusque-là été de réagir à un problème existant, “alors que la loi a été votée, que les procédures administratives sont déjà en cours ou que les gens se sont faits refuser leur droit”.

 

Réunir les compétences

 

L’idée est désormais d’agir bien plus tôt, au stade, par exemple, du projet de loi. Il s’agit donc de se structurer et de réunir des compétences afin d’analyser et de prévenir les problèmes. “De nombreuses personnes attentives à la situation nous contactent pour davantage travailler avec nous sur ces matières”, assure Georges Gondon. “Nous allons créer des équipes qui vont s'orienter sur des thèmes bien précis. Car quel que soit le sujet, au niveau de la santé, de la fiscalité ou de la mobilité, ce n’est pas possible de maîtriser toutes ces matières. Sauf si vous avez des gens compétents dans ces secteurs qui nous rejoignent pour travailler là-dessus.” Une commission stratégique sera créée dans cette perspective, qui établira des axes de travail.

 

L’ambition est en tout cas bien de rassembler des compétences, et non le plus grand nombre d’adhérents possible. “Dans l’association, nous ne souhaitons pas avoir ce que j'appelle des consommateurs, qui ont un problème et viennent nous trouver pour le régler”, explique Georges Gondon. “Nous ne sommes pas là pour régler le problème de quelqu'un qui est confronté à son employeur. Des syndicats et des associations existent déjà pour cela.”

 

Une association de droit luxembourgeois

 

L’association sera de droit luxembourgeois, et pour cause: “Dans les différents contacts que nous avions, nous nous sommes rendu compte qu’il était assez différent d'être une structure de droit luxembourgeois que des structures françaises ou belges lorsqu'il faut s'adresser à des politiques luxembourgeois”, remarque Georges Gondon.

 

L’association tentera en tout cas de combler le déficit de représentation des frontaliers au Luxembourg. “Nous avons eu des élections sociales au Grand-Duché du Luxembourg, mais peu de frontaliers ont voté, et la nouvelle loi sur le vivre ensemble, mais peu de monde était au courant”, constate Georges Gondon. “Effectivement il y a un déficit de participation ou de transmission d’informations liées au frontalier, et ce dans les deux sens, aussi bien des frontaliers vis-à-vis des structures en place que l'inverse. Quelque part, j'ai le sentiment que nous répondons aujourd'hui à ce besoin.”


Pierre Pailler