Andage : 30 mois de prison pour l'éducateur

Andage : 30 mois de prison pour l'éducateur
 Publié le jeudi 11 avril 2019 à 17:08 - Mis à jour le jeudi 11 avril 2019 à 17:19    Bastogne

Le jugement est tombé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau dans le dossier d'attentat à la pudeur pour lequel un éducateur du centre pour personnes handicapées Andage de Bastogne était poursuivi.

Le prévenu, reconnu coupable d'attouchements sur une personne handicapée adulte, est condamné à 30 mois de prison ; dont la moitié avec sursis.

Tout au long de la procédure judiciaire, l'éducateur sexagénaire n'avait pourtant eu de cesse de se dire innocent. Le dossier avait débuté suite au dépôt d'une plainte, en juin 2017, par les parents de la victime, une jeune femme handicapée, âgée alors de 28 ans mais à l'âge mental d'une enfant.

Avec ses mots, elle avait évoqué des attouchements et des échanges de baisers de la part d'un éducateur de la structure spécialisée qu'elle fréquentait en journée. La réaction du centre Andage avait aussi choqué les parents. Car la direction, suite à la plainte et le lancement de la procédure judiciaire, avait pris la décision d'écarter leur fille.

Devant le tribunal, l'éducateur, qui a quasi 40 ans de carrière au sein de l'institution, avait fait part de son incompréhension de se voir accuser de tels faits. La période visée étant de décembre 2016 à juin 2017. Sa défense avait émis des doutes sur la possibilité de tels faits dans un centre fréquenté par d'autres personnes ; ou bien sur le fait que l'adulte handicapée aurait pu inventer.

La conseil des parents de la jeune femme, partie civiles, Me Anne-Catherine Mignon avait, elle, fustigé l'attitude du centre. Sur le fond, l'avocat avait retenu un témoignage évoquant un baiser franc entre l'éducateur et la jeune femmes, un rapport psychologique donnant du crédit aux dires de la victime tout en se demandant ce que la fille des ses clients aurait eu à y gagner en mentant. Ces arguments avaient aussi été retenus par le parquet. L'éducateur, en présence des parents à l'audience, avait, lui, encore répété qu'il n'avait jamais eu le moindre geste déplacé envers leur fille ou envers une autre personne.

Au final, le tribunal retient toute une série d'éléments pour justifier la culpabilité : un changement de comportement de la jeune femme, une souffrance d'être écartée du centre, la précision des détails, le témoignage du tiers qui dit avoir vu un baiser. Le jugement retient aussi que la bonne réputation de l'éducateur ne suffit pas à le déclarer innocent.

Dans le volet civil, le prévenu est condamné au versement d'une somme de 5.000€ pour la jeune femme et de 1.000€ pour chacun de ses parents. Le jugement pointe aussi la décision d'écartement de la jeune femme par le centre Andage comme une forme de préjudice.


Sébastien Etienne

 




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