Vivalia. Un recours devant le conseil d'état pour renégocier la gouvernance

 Vivalia. Un recours devant le conseil d'état pour renégocier la gouvernance
 Publié le mardi 01 juin 2021 à 22:21 - Mis à jour le mercredi 02 juin 2021 à 15:49    Province

 

Réuni ce mardi soir le conseil d'administration de Vivalia a voté l'introduction d'un recours devant le Conseil d'Etat, majorité CDH-PS (moins l'administrateur CDH Kamal Mitri) contre opposition MR-Ecolo. Objectif : casser la décision de la tutelle qui avait refusé le projet de création d'un poste de conseiller stratégique dévolu à l'actuel directeur général Yves Bernard.

 

Le recours est introduit à titre conservatoire et dès son dépôt, le conseil d'administration de l'intercommunale hospitalière entamera de nouvelles négociations avec la tutelle, vraisemblablement début juillet.

 

Pour rappel, le projet de nouvelle gouvernance avait été partiellement cassé par les services du ministre de tutelle, Christophe Collignon (PS). La pierre d’achoppement : l’absence de lien hiérarchique entre le futur directeur général et le futur conseiller stratégique.


Pourquoi ne pas accepter ce lien de subordination ?

Pour le président provincial du CDH, René Collin, cela s'explique par la définition de la fonction de conseiller stratégique que pourrait endosser l'actuel DG Yves Bernard : « Oui, le boss de Vivalia c'est le directeur général mais le conseiller stratégique, lui, est attaché au conseil d'administration pour le conseiller. S'il est amené à contrôler le directeur, il ne peut pas dépendre de lui ».


Si dans un premier temps les administrateurs libéraux avaient accepté ce nouvel organigramme, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour le président provincial du MR, Benoît Piedboeuf, l'idée d'un poste de conseiller, indépendant de la direction, ne tient plus :


« l'indépendance voulue par Yves Bernard c'est du pipeau. À la CFL (compagnie des chemins de fer luxembourgeois) l'auditeur dépend du directeur général et quand on doit auditer le directeur on le fait via un comité d'audit. C'est un mauvais argument ».

La bonne solution était de revoir le projet de gouvernance estime de son côté l'administratrice Ecolo, Brigite Petre : «Tant de temps, d'énergies et de moyens publics gaspillés dans l'intérêt d'une seulepersonne, c’est choquant».


Yves Bernard qui donne son avis sur le recours "est-ce bien sérieux ?"

 

L'écologiste rajoute également son indignation sur le déroulement même de la réunion de ce premier juin : « que le Directeur-Général,Yves Bernard a lui-même participé au débat sur l'opportunité d'aller en recours, alors qu'il a un intérêt personnel manifeste à utiliser cette voie de recours. Est-ce que tout ceci est bien sérieux!? »

Un point de vue que partage Benoît Piedboeuf :

« Voir un conseil d'administration débattre en présence du principal intéressé, c'est hallucinant ! Dans n'importe quel conseil communal on lui aurait demandé de sortir ».


"Les hôpitaux craquent de partout"

Pour le président provincial du MR ce recours devant le Conseil d'Etat est une perte de temps et d'argent, aujourd'hui l'urgence est ailleurs : « les hôpitaux craquent de partout, à Marche on manque de pharmaciens, à Arlon des piliers du corps médical quittent l'hôpital. Les compétences financières c'est important, mais quand le bateau fuit, on doit revoir ses priorités et viser l'intérêt général ».

 

Le vote de ce premier juin est intervenu en l'absence de la présidente Marielle Remy qui avait remis sa démission la semaine dernière. La question de sa succession n'a pas été abordée ce mardi soir, en attendant c'est le vice-président (CDH) Roland Déom qui assume la présidence.



 

F. Feller

 





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