Houdemont. Ligoté et frappé à coup de barre de fer

Houdemont. Ligoté et frappé à coup de barre de fer
Photo d'illustration
 Publié le mercredi 27 mai 2020 à 14:32 - Mis à jour le mercredi 27 mai 2020 à 17:08    Habay

Crâne fracturé. Poignets garrottés. Trou noir.  De cette funeste soirée, Dominique n’a plus aucun souvenir. A peine deux fragments : “Je me vois, essayant de ramper dans la poussière… Et puis ces gyrophares bleus qui tournent dans la nuit. C’est tout !”.  Quand il revient à lui, l’homme est au service de réanimation à l’hôpital d’Arlon. Méconnaissable.

Nous avons choisi de ne pas diffuser les photos que nous avons reçues. On y voit Dominique Remy, groggy, le visage tuméfié, rouge de sang, du haut du crâne à la pointe du menton... 

En ce jeudi soir de l’Ascension à Houdemont, Dominique Remy, excédé par leur attitude, se rend chez ses voisins. Le ton monte. Les coups pleuvent. Sous les yeux de son fils, 16 ans, l’homme, la cinquantaine, tombe à terre, frappé par une barre de fer. C’est son amie qui ira le rechercher. “Passant outre les insultes et menaces, je me suis précipitée vers Dominique, nous raconte Geneviève. Il gisait là dehors, par terre, la tête en sang. Une ficelle bleue, comme celle utilisée pour les fagots de paille, lui serrait le poignet gauche, si fort que sa main virait de couleur. Et sur son poignet droit aussi, il y avait une marque de ligature. Quand les policiers sont intervenus, ce sont eux qui ont coupé et emporté la cordelette, sans doute comme pièce à conviction.”

Tentative de meurtre et séquestration

Les auteurs des faits, A.P. agriculteur de septante-cinq ans et N.D. jeune homme d’une vingtaine d’années, ont été arrêtés le soir même. Si le plus âgé a été libéré samedi, le jeune déjà connu de la justice a été placé sous mandat d’arrêt. “Il conteste les faits, mais il est inculpé de tentative de meurtre et séquestration”, nous confirme le parquet.

Le pire a été évité de justesse ce soir-là, mais personne dans le voisinage ne semble étonné de la tournure des événements. “Voici un peu plus d’un an déjà, se souvient Geneviève, le jeune avait pointé une carabine dans ma direction. Sur le coup, je ne m’étais pas rendue compte de la gravité de la situation, mais nous avions tout de même alerté la police.” Et l’arme ?  “Je ne sais pas ce qu’elle est devenue...

Tout un quartier sous la menace

Les deux comparses vivent dans des conditions insalubres. Une caravane fait office de logement, flanquée parmi des tas d’encombrants devant la ferme en partie délabrée. Le contexte posé, plusieurs autres témoignages relatent surtout l’insécurité dans laquelle vit ce quartier depuis que N.D. s’est installé chez l'agriculteur, voici deux ou trois ans. “Le vieux a toujours eu son caractère, nous raconte un voisin. Mais depuis que le gamin est arrivé chez lui, c’est devenu invivable. Ils se montent la tête et agressent tout le monde.” “Il s’en prend à quiconque croise sa route. Il sème la panique dans le village. On n’en peut plus !”, raconte un autre.   D’ordinaire verbales, les menaces se sont déjà faites plus violentes. “Récemment, le jeune s’en est pris à un prêtre qui se promenait par là. Il lui a arraché son appareil photo et l’a jeté dans le fossé. Le prêtre a eu le réflexe de se mettre à l’abri chez une connaissance un peu plus loin, le temps que les choses se calment.

Aujourd’hui privé de liberté, N.D. devra répondre de la tentative de meurtre et de la séquestration. “Mais il doit surtout se faire soigner, insiste Dominique Remy toujours hospitalisé. Tout le monde en a peur, mais ce gars n’est pas bien. Il doit être aidé. Aidé et écarté.” 

 

Christophe Thiry

 

 







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